Auguste BEHAGUE
Auguste BEHAGUE

Lapugnoy 04.08.1862 - Arras 10.02.1930. Chirurgien en chef de l’hôpital d’Arras.

Élu le 8 avril 1927 pour succéder à Victor Lennel sur le 16e fauteuil, il est reçu le 10 mai 1928 par Henri Dupret Il est remplacé le 27 juin 1930 par le docteur Henri Brassart.

Fils de Victor Béhague, instituteur communal à Lapugnoy, et d’Odile Lefebvre, il commence sa formation médicale à l’École de médecine d’Arras en 1879, est admis interne à l’hôpital d’Arras, et obtient le titre de docteur à la Faculté de médecine de Paris en 1889, avec une thèse traitant des Paralysies alcooliques. Il est alors nommé chirurgien–adjoint à l’hôpital d’Arras, médecin légiste, médecin titulaire de la Compagne des chemins de fer du Nord.

Il épouse Antoinette Mathon à Roye le 11 décembre 1889 ; elle est cousine germaine de l’académicien Henri de Mallortie qui est témoin de leur mariage ; elle décède à Arras le 19 août 1921.

À partir de 1899, il est secrétaire de l’Association de Secours mutuels et de Prévoyance des  médecins du Pas-de-Calais.

Pendant la Grande Guerre, bien que libéré de ses obligations militaires depuis 1908, il est mobilisé comme médecin-major territorial de 1ère classe, affecté aux sections des chemins de fer de campagne. En attendant son départ il poursuit ses fonctions à l’hôpital Saint-Jean et à l’hôpital militaire avec le docteur Alfred Lestocquoy.

Après la guerre, il devient chirurgien en chef de l’hôpital Saint-Jean reconstruit. Il prête son concours à l’œuvre de la Croix-Rouge française, en particulier au comité local de la Société de secours aux blessés militaires. Il crée en 1922 une école d’infirmières à Arras : « Toutes ses élèves appréciaient, dit le président Alphonse Tierny, sa science et la clarté de ses leçons, sa grande bonté, son humeur toujours souriante ». Infatigable, il crée aussi une consultation de nourrissons au faubourg Ronville et il en assure le contrôle médical.

 Élu à l’Académie en 1927, au terme de sa carrière, il eut à peine le temps de s’y impliquer. Dans son discours de réception le 10 mai 1928, après l’éloge de son prédécesseur, il évoque longuement l’apport des sciences médicales à la solution des énigmes historiques, qu’il prouve par de multiples exemples. Il communique régulièrement en 1929 et 1930, mais tombe malade et décède avant d’avoir achevé sa dernière communication. Ce n’est qu’après son décès que l’Académie publia la communication qu’il avait proposée sur le service de santé aux armées depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’époque napoléonienne comprise. Le docteur Brassart qui lui succéde sur le 16e fauteuil, souligne, dans son discours de réception, que « les qualités maîtresses de cet homme de bien, ont été surtout l’amour du travail et l’énergie : il les a puisées dans le sol natal parce qu’elles sont les qualités innées du peuple d’Artois ».

Veuf, il décède le 10 février 1930 en son domicile, 6 rue Putevin à Arras.

Chevalier de la Légion d’honneur, à titre militaire, le 6 juillet 1919 ; Officier de l’Instruction publique

Communications à l’Académie d’Arras

L’aménagement devenu nécessaire, de postes de secours pour automobilistes, 5 juillet 1929.

Une histoire de la médecine, d’après le dernier ouvrage du docteur Cabanis, 22 et 29 novembre 1929, 10 et 17 janvier 1930, (communication demeurée inachevée).

Publication dans Mémoires de l'Académie

Chirurgiens et blessés à travers l’histoire, MAA, 3e série, tome IX (1929), p. 169-210.

Sources

État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 489/2, p.756/2015 ; mariage, AD 80, 2E685/52, p. 82/383 ; décès, AD 62, 3 E 041/588, p.21/186.

DUPRET Henri, Réponse au discours de réception d’Auguste Béhague, le 10 mai 1928, MAA, 3e Série, t. VIII (1928), p. 49-85.

TIERNY Alphonse, Discours aux funérailles du Docteur Béhague, MAA, 3e série, tome IX (1929), p. 219-222.

LESTOCQUOY Alfred, Réponse au discours de réception du docteur Brassart, MAA, 3e série, tome XI (1931), p. 137-151.

Site Léonore. Dossier 42326

Jean Pierre Diers