Saint-Omer (paroisse Sainte-Marguerite) 02.10.1721 – Arras (paroisse Sainte-Marie-Madeleine) 10.04.1782. Officier d'infanterie, capitaine aide-major au régiment Rohan-Rochefort.
Élu le 16 décembre 1769 pour succéder à Louis-Ignace Le Pippre, mousquetaire de la Maison du Roi sur le 25e fauteuil. Il est remplacé le 15 juin 1782 par Jean-Alexandre-Marie de Brandt de Galametz.
Il est le fils de François Marie de Harchies de Contes, échevin de Saint-Omer, et de Marie-Joseph-Agnès de Croisilles. Il est né le 2 octobre 1721, à Saint-Omer où ses parents se sont mariés en l’église Sainte Marguerite le 26 janvier 1721.
Il passe les premières années de sa vie de famille à Ypres. La ville avait été rattachée à la France par le traité de Nimègue en 1678, puis rendue aux Pays-Bas autrichiens par le traité d’Utrecht en 1714, et reprise par Louis XV en 1744… Il y épouse le 9 mai 1751 Marguerite-Françoise de Moucheron ; elle y met au monde deux enfants, Bertine Françoise Joséphine, le 5 avril 1752 et Charles François, le 23 février 1753, avant d’y décéder, le 11 octobre 1753.
Veuf, il se remarie le 11 octobre 1759 à l’âge de 48 ans, avec Jeanne-Charlotte Xavière de Cerf (1733-1820). Elle est la fille de Jean François de Cerf marquis de Wintershove, seigneur de Vlamertingue, grand bailli héréditaire d’Ypres et de Françoise Pélagie de Guînes de Bonnières de Souastre. Sa future épouse, âgée de 27 ans, étant « pensionnaire » chez les Ursulines d’Amiens, le mariage est célébré dans l’intimité, en l’église Saint-Michel d’Amiens, par l’évêque Louis François Gabriel d’Orléans de la Motte, en présence seulement du frère du marié, Gérard François Adrien de Harchies, du chanoine Joseph Horard et du chapelain Pierre Vallery François Marchant.
Le couple s’installe à Saint-Omer (paroisse Saint-Jean-Baptiste) où il a trois enfants, Louis François Gabriel Joseph, le 25 août 1760, Charlotte Marie Henriette, le 21 octobre 1762, et Françoise Augustine le 14 avril 1765.
En juillet 1766, Jean Charles Augustin de Harchies acquiert pour lui et son frère, des lettres de chevalerie héréditaire. En octobre 1770, il obtient le titre de marquis en récompense de ses services, avec permission d’affecter ce titre sur celle de ses terres qui lui plaira. Il devient ainsi marquis de Harchies.
Il réside désormais à Arras, où il est reçu à l’Académie le 7 avril 1770 par le directeur en exercice, l’abbé Monlien de la Borère, principal du collège d’Arras. Il en reste membre jusqu’à son décès en 1782, sans avoir laissé de traces de son activité académique.
Indirectement, il subsiste d’autres traces de lui.
Sa deuxième belle-mère, Françoise-Pélagie de Guînes de Bonnières, est la sœur de Guy-Louis de Bonnières qui a fait construire l’hôtel de Guînes vers 1740. Cet hôtel est acheté par Jean Charles Augustin de Harchies le 10 janvier 1769, pour la somme de 43 420 livres, et il y établit son domicile. Après la mort du marquis, l’hôtel est acheté en 1784 par le Conseil d'Artois pour y loger le premier Président (voir les notices sur les Briois de Beaumetz).
Jean Charles Augustin de Harchies décède à l’âge de 60 ans le 10 avril 1782, à Arras, en son hôtel de Guînes, à deux pas de l’église de Sainte-Marie-Madeleine, et il est inhumé le lendemain au cimetière Saint-Nicaise, en présence de son frère Gérard François Adrien et de Lamoral Eugène François Marie d’Aix de Rémy, député ordinaire de la noblesse aux États d’Artois.
Les archives départementales du Pas-de-Calais possèdent l’inventaire après décès du marquis de Harchies dressé après sa mort le 8 mai 1782. Sans vouloir rivaliser avec les grandes familles artésiennes fréquentant la Cour de Versailles, la famille de Harchies a un train de vie fastueux. On est frappé par l’importance de la domesticité de 15 personnes, par le luxe du mobilier et de l’argenterie chiffrés à plus de 25 000 livres, par l’entretien de deux carrosses de quatre chevaux noirs…
Veuve à son tour en 1782, son épouse Jeanne de Cerf se remarie avec Louis Stanislas d’Aumale (1734-1789), neveu par sa mère de l’académicien Adrien-Antoine Blocquel de Croix de Wismes
Sources
État civil : mariage de ses parents le 26 janvier 1721, AD 62, 5 MIR 765/13, p.595/1359 ; naissance, AD 62, 5 MIR 765/13, p. 655/1359 ; second mariage, AD 80, 5 MI_D140, p. 273-274/289 ; naissance des enfants issus de son second mariage, AD 62, 5 MIR 765/5 : Louis, p. 40-41/1390, Charlotte, p. 101/1390, Françoise, p. 162/1390 ; décès, AD 62, 5 MIR 041/17, p. 1346-1347/1388.
LA CHESNAYE-DESBOIS, Dictionnaire de la noblesse…, Seconde édition, t. VII, 1774, p 646.
LE BOUCQ de TERNAS Amédée, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d’Artois, 1884, p. 102, 107.
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 43, 57, 72-73, 226, 238
DECELLE Jean-Michel, NOLIBOS Alain, TILLIE Michel, « L’hôtel de Guînes à Arras, trois siècles d’histoire », Histoire et archéologie du Pas-de Calais, t. XVIII, 2000, p.129-187.
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours », Mémoires de l'Académie d'Arras, t. V (1991-2006), Arras, 2007. P.17.
fr.wikipedia.org/wiki/Liste des seigneurs de Drincham/Les marquis de Drincham/Jean Charles Augustin Mouton de Harchies.
Alain Nolibos