Sus-Saint-Léger 10.07.1739 – Lille 05.09.1814. Prêtre, professeur au collège d'Arras;

Élu en 1769 pour succéder au médecin Henri César Placide Benoît Durand (dit Durand fils) sur le 13e fauteuil, il est reçu le 18 mars par Josse Binot, directeur de l'année. Démissionnaire, il est remplacé en 1778 par Bon-Albert Briois de Beaumetz .

Il est le septième des neuf enfants de Jean Léonard Breuvart, laboureur, et de Marie Joseph François. Son parrain est Jean Noël Roussel « fils à marier » de Jean Roussel, charpentier, et sa marraine, sa sœur ainée, Anne Catherine Breuvart.

Devenu prêtre dans le clergé diocésain, Jean Breuvart joue un rôle important dans la reprise du collège d’Arras après l’expulsion des Jésuites en 1762. C’est lui qui dirige d’abord l’établissement comme préfet à la rentrée de 1763, en attendant le recrutement d’un principal (Monlien de la Borère) qui n’arrive qu’en 1764. Il est ensuite professeur de rhétorique, apprécié et influent. Il assiste le nouveau principal après la démission de Monlien en 1776, et assure les relations avec l’échevinage. Les Oratoriens à qui le collège est confié en 1777, sont autorisés à l’employer encore pendant deux ans. Ils le pensionnent de 450 livres avant de se séparer de lui.

Il est admis à l’académie au nombre des onze élus de l’année 1769, quand on décide de pourvoir les trente sièges. Il contribue aux travaux de la Société : en 1770, Explication du psaume « Coeli enarrant » ; en 1771, Explication du psaume « Domine Dominus noster quam admirabile est, nomen tuum » ; en 1773, Dissertation : Pourquoi les Anciens croyaient que la plus triste des morts était de mourir dans l’eau.  

Après avoir quitté le collège d’Arras, il est nommé curé de Bruille-en-Hainaut et quitte l’académie en 1778. Il est remplacé par Bon-Albert Briois de Beaumetz.

En 1783 il est promu à la cure de Saint-Pierre à Douai. Clerc engagé, il est élu le 4 avril 1789 député du clergé du bailliage de Douai aux États-Généraux. Il se range du côté du tiers état, vote la Constitution civile du clergé et en 1791, prête le serment civique ,g avant de se rétracter et d'émigrer en Allemagne. Amnistié à son retour en l’An X, il est incardiné dans le nouveau diocèse de Cambrai et nommé curé de la paroisse Saint-Sauveur à Lille en 1800, et grand doyen.  

Il y décède le 5 septembre 1814, âgé de soixante-quinze ans. Son décès est déclaré par deux de ses amis, Adrien Leroy, propriétaire, et François Théry, notaire royal.

Il était le grand-oncle de l'académicien Ernest Deusy

Sources

BERTHE Léon, Dictionnaire des correspondants de l’Académie d’Arras au temps de Robespierre, Arras 1969, notice 162.

LEPREUX G., Nos représentants pendant la Révolution (1789-1799), Lille, 1898.

HAUTECLOCQUE Gustave de, L’enseignement secondaire dans le Pas-de-Calais avant 1789, Mémoires de l'Académie d'Arras, 2e série, t. XIV (1883). 

VAN DRIVAL, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872.

DUTHILLOEUL R.H., Galerie douaisienne ou biographie des hommes remarquables de la ville de Douai, Douai, 1844.   

Iconographie

Portrait in BNF Gallica, data.bnf. fr J.L. Breuvart curé de St. Pierre de Douay.

Michel Beirnaert