Chinon (Indre-et-Loire) (paroisse Saint-Mexme) 01.12.1736 – Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire) 12 vendémiaire an 14 (4 octobre 1805 ). Officier, major du génie à Arras.
Élu en 1786 pour succéder à l’avocat Pierre Brunel sur le 15e fauteuil, il est reçu le 27 avril par le comte de Brandt de Galametz directeur en exercice. En 1817, à la restauration de l’Académie, François-Adrien-Joseph Colin est désigné pour lui succéder.
Issu d’une famille d’aristocrates tourangeaux, il est fils du marquis Chesnon de Champmorin, écuyer, chevalier de Saint-Louis, capitaine d’infanterie, et de Marie-Thérèse-Julie de Vanderlinde.
Il entre en service en 1755 au régiment d’Artois-infanterie avant d’intégrer l'école du génie de Mézières. Il en sort ingénieur et lieutenant en premier le 16 avril 1756. Il est promu capitaine en 1769. Quand il est fait chevalier de Saint-Louis en 1779, il est capitaine au 1er corps du génie, détaché en chef à Avesnes-en-Hainaut (Avesnes-sur-Helpe aujourd’hui).
Le 14 avril 1779, il épouse à Lille sa cousine Marie Thérèse Joséphine de Vanderlinde, fille d’un grand bourgeois lillois, Louis Joseph de Vanderlinde, et de Marie Barbe Bataille ’dame d’Oudenhove. Le mariage est célébré par Guillaume Gallouin, chanoine de la collégiale Saint-Pierre de Lille, en présence du beau frère de l’épouse, François Malus, chevalier, conseiller du roi et procureur au bureau des finances et domaines de la généralité de Lille, commissaire des guerres au département de Lille, et de Jean Nicolas Taverne de Tersud, écuyer, capitaine commandant au régiment de la marine, cousin germain de l’épouse.
Quand il arrive à Arras, à une date non déterminée entre 1780 et 1785, il est major du génie ; il est promu lieutenant-colonel le 17 février 1788.
Élu à l’Académie en 1786, il en est un des académiciens les plus assidus, présent à presque toutes les séances, du 11 mars 1786 au 18 février 1790. Il est élu chancelier le 26 décembre 1788. Les archives mentionnent que son discours de réception, le 27 avril 1786, démontre « l’utilité des connaissances pour le militaire ». Le 18 avril 1787, il lit « un discours qui rend au maréchal Vauban la gloire sur laquelle une production littéraire récente avait jeté quelques nuages ». Le 9 janvier 1789 lors d’une séance ordinaire à laquelle assiste le duc de Guines, gouverneur militaire, il lit une ode « montrant que la valeur des troupes françaises est le fruit de sa discipline .autant que du caractère national ». La séance du 18 févier 1790 est la dernière à laquelle il participe, car il quitte Arras dès sa nomination à Hesdin. Il n’est pas remplacé ; son fauteuil ne sera réoccupé qu’à la restauration de l’Académie en 1817.
Sa carrière militaire se poursuit. Le 1er avril 1791, il est nommé colonel et directeur des fortifications du Nord. Promu général de brigade et maréchal de camp le 1er septembre 1792, il commande le génie pendant le siège de Lille (septembre-octobre 1792) ; il combat à Neerwinden le 18 mars 1793 et participe à la prise d’Anvers le 25 mars 1793. Mais, le 21 mai 1793, il est suspendu de ses fonctions tout en restant à son poste, avant d’être de nouveau suspendu comme « noble » par les Montagnards, le 24 juillet 1793. La Convention thermidorienne le réintègre le 12 avril 1795, et le nomme général de division le 13 juin 1795 en service à l'armée du Nord. Le 2 novembre 1795, il est destitué par le Directoire et mis à la retraite.
À sa demande, il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 29 mars 1805.
Son nom figure sur l'Arc de Triomphe de la place de l'Étoile à Paris.
Sources
État civil : naissance, AD 37, 6 NUM7/072/071, p. 87/87 ; mariage, AD 59, Lille (La Madeleine), 5 Mi 044 R 063, p.123/699 ; décès , AD 37, 6NUM8/014/05, p. 300/324.
DUBOIS DE FOSSEUX, Journal de l’Académie, (décembre 1785-mars 1792), Archives de l’Académie, p. 18-73.
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 61, 66, 67, 227.
Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 520-521, 525-526..
ROBINET Robert et LE CHAPLAIN, Dictionnaire historique et biographique de la révolution et de l'empire, 1789-1815. Ouvrage rédigé pour l'histoire générale (Volume 1), 1899, p. 403.
SIX Georges, Dictionnaire biographique des généraux & amiraux français de la Révolution et de l'Empire (1792-1814), éd 1934, tome 1, p. 218-219.
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 18, 19, 20, 28, 41..
Légion d’honneur, base Léonore, LH/476/48.
Geneanet, familles Chesnon de Champmorin et Vanderlinden.
Michel Beirnaert