Arras (?) juin 1723 (?) – Arras, 16 germinal an II (5 avril 1794). Comte de Lannoy et du Saint-Empire, comte de Beaurepaire, seigneur de Caucourt, capitaine au régiment d’infanterie du Roi, chevalier de Saint-Louis.

Élu en 1769 pour succéder à l’abbé Pierre Pauchet sur le 29e fauteuil, il est reçu le 7 avril 1770 par l’abbé Monlien de la Borère, directeur de l’année. En 1817, son fauteuil est attribué à l’ingénieur Abdon-Jacques Garnier.

Il est issu de l’une des branches de l’illustre famille de la noblesse belge du Hainaut, qui doit son nom à la ville française de Lannoy. Il est l’aîné des cinq enfants de Charles François Ignace de Lannoy de Beaurepaire (1686-1752), député-général de la noblesse des États d’Artois, et d’Alix Barbe Françoise de Saint-Vaast (1700-1777), baronne d’Honnecourt.

Comme beaucoup de jeunes nobles, il commence sa vie active en servant dans l’armée, officier d’infanterie au régiment du Roi.

Le 11 octobre 1752, il préside les funérailles et l’inhumation de son père dans la chapelle Saint-Pierre de l’église Saint-Jean-en-Ronville à Arras, en compagnie de Charles Louis Alexandre de Beaufort, député de la noblesse aux États d’Artois.

Il épouse le 20 décembre 1754, à Wattignies (Nord), Marie Thérèse Robertine de Lannoy de Wasmes (1729-1787), issue d’une autre branche de la même très vaste famille de Lannoy.  

Le couple aura cinq enfants qui naîtront à Arras, et seront baptisés dans l’église Saint-Géry : Marie Josèphe Adrienne, le 15 janvier 1757, Marie Alix Françoise, le 2 février 1761, Charles Hubert Marie, le 23 juillet 1764 et Charles Albert Emmanuel, le 27 janvier 1768, François Joseph en 1769, Marie Josèphe Adrienne en 1757, Marie Alix Françoise en 1761 .  

Il est l’un des nombreux académiciens élus en 1769 (onze !), et, de ce fait, il n’est reçu que l’année suivante. Peu assidu, il n’assiste que très occasionnellement aux séances. Le registre tenu par le secrétaire général Dubois de Fosseux, de décembre 1785 à mars 1792, ne le pointe que cinq fois, alors que les séances sont hebdomadaires : le 4 septembre 1785 à l’office funèbre au couvent des Dominicains en mémoire du secrétaire général Harduin, et aux séances des 7 octobre 1786, 9 février 1788, 29 mars 1788, 2 avril 1788.

Il est absorbé par d’autres activités.

Mayeur d’Arras de 1781 à 1784, il est aussi député de la noblesse entrante aux États d’Artois. 

C’est en cette qualité qu’il signe le 29 avril 1789 une pétition des députés de la noblesse et du clergé d’Artois, contre le mode d’élection des députés aux prochains États Généraux, imposé par le Conseil du Roi. Pour que le nombre des députés du Tiers soit égal à celui des deux ordres privilégiés réunis, le Conseil avait décrété que les députés seraient élus par des assemblées de bailliage, proportionnellement à la population des dits bailliages. Les signataires de la pétition arguent que ce mode d’élection est contraire aux « privilèges, droits, coutumes, lois et usages de la province d’Artois ».

Cette démarche se retourne contre Ignace de Lannoy quatre ans plus tard pendant la Terreur montagnarde.

Inscrit sur la liste des suspects le 5 octobre 1793, il est d’abord arrêté avec ses deux sœurs, ci-devant religieuses du couvent de la Visitation d’Amiens. Sept mois plus tard, le 16 germinal an II, à l’initiative du représentant en mission Joseph Lebon, il est traduit devant le tribunal révolutionnaire d’Arras avec quatre autres signataires de la pétition du 29 avril 1789, considérée comme  crime contre la sûreté de l’État. Les cinq accusés, Ange Ghislain Joseph de Beaulaincourt, Henri de Wasservas d’Haplincourt, Louis Ignace Le Sergent d'Hendecourt, Eugène Lamoral d'Aix de Remy et lui, Ignace Godefroy Lannoy de Beaurepaire, sont condamnés à mort et exécutés le jour même.

Sources

État civil : décès de son père, ( Arras Saint-Jean-en-Ronville), 10.10.1752, AD 62, 5 MIR 041/8, p. 329/1347) : mariage, AD 59, 5 Mi 048 R 059, p. 430/783 ; décès : AD 62, Registre des personnes guillotinées à Arras (14 ventôse an II- 17 pluviôse an III), p. 4/29 ; naissance de son fils, Charles Hubert Marie, AD 62, 5 MIR 041/5, p.1325/1343 ; naissance de son fils Charles Albert Emmanuel, AD 62, 5 MIR 041/6, p. 249/1186.

DUBOIS DE FOSSEUX, Journal de l’Academie, compte rendu des séances, Décembre 1785 - Mars 1792, Archives de l’Académie d’Arras, p. 22, 55, 59, 60.

Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 499.

« Branche des comtes de Beaurepaire », dans « De Lannoy », Nobiliaire des Pays-Bas et du comté de Bourgogne (volume 2, pt.1), 1865, p. 1189. [en ligne, geneanet.org/bibliotheque-genealogie/nobiliaire des Pays-Bas et du comté de Bourgogne p. 103/602]

LAROCHE Paul-Marie, « Rapport sur le concours d’histoire de 1858, Histoire des États d’Artois », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. 32 [1860], p.147.

VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 44, 60, 66, 68, 239,

POTIER DE COURCY, Histoire de la maison royale de France, t. IX, 2e partie, 1879, p. 747.

HAUTECLOCQUE de Gustave, « Inventaire des archives de l’Académie d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XXVIII [1897], p. 53.

PARIS Auguste Joseph, « Les victimes du 16 germinal (5 avril) », dans La Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord. Histoire de Joseph Le Bon et des tribunaux révolutionnaires d’Arras et de Cambrai, 1864, p. 98, 25, 247-255, 647.

DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 17, 20, 41.