Arras (paroisse Saint-Étienne) 03.06.1754 - Vaux-sur-Somme (Somme) 29.06.1829. Écuyer, seigneur de Vaux-sur-Somme et Sailly-le-Secq, conseiller, substitut de l’avocat général au Conseil d’Artois.
Il est élu pour succéder à Pierre Cornuel sur le 20e fauteuil, et reçu le 3 février 1781 par le directeur de l’année, François Joseph Briois de Beaumetz. Il démissionne le 11 décembre 1786, et il est remplacé par Lazare Carnot le 10 mars 1787.
Il est né à Arras le 11 juin 1754, dans une famille de d’officiers civils. Il est le fils de Jean-Baptiste Marie de La Haye, avocat au parlement, échevin d’Arras, et de Marie-Anne-Dominique Françoise Rouget. Son père deviendra président du Conseil supérieur d’Artois le 23 août 1771 et il interviendra pour l’octroi des lettres patentes qui, en 1773, transforment la Société littéraire d’Arras en Académie royale. Son grand-père maternel, Pierre Rouget, était avocat en parlement, échevin, conseiller du Roi et procureur au Conseil d’Artois. Son oncle paternel et parrain, Hubert de La Haye, conseiller du Roi, est lieutenant prévôt de la maréchaussée au département d’Artois.
Il fait des études de droit à la faculté de Paris où il obtient son baccalauréat de droit le 12 mai 1773, puis sa licence le 5 juillet 1774. Il prête serment d’avocat devant le Conseil d’Artois le 29 juillet 1774. Il le 31 janvier 1775, ses lettres de provision d’office de conseiller substitut au Conseil provincial d’Artois. Il quitte cette charge en 1786.
Élu à l’Académie 24 avril 1781, il évoque « le Goût » dans son discours de remerciement. Le 29 avril 1783, il lit un Mémoire sur « l’origine des comtes d’Artois ». Le journal des séances tenu par Dubois de Fosseux à partir de décembre 1785 ne relève jamais sa présence, mais mentionne la réception de sa lettre de démission le 11 décembre 1786.
Il quitte l’Artois et s’installe en terres picardes dans son château de Vaux-sous-Corbie.
Il figure au catalogue des gentilshommes de Picardie qui ont pris part aux assemblées de la noblesse pour l’élection aux États Généraux, ainsi que dans la liste des comparants de la noblesse du bailliage d’Amiens pour la rédaction des cahiers de doléances en 1789. On ignore son attitude pendant la Révolution. Sous la Restauration, il devient conseiller en la Cour royale d’Amiens.
Il se marie à l’âge de 57 ans, le 19 juin 1814, à Hugleville-en- Caux. Son acte de mariage signale qu’il est « principal propriétaire de Vaux-sous-Corbie ». Il épouse Anne-Chantal-Nicole de Paix de Cœur (1785-1850), fille majeure de Jean Alexandre de Paix-de-Cœur, ancien capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, et de Marie Théodore Perache. Par sa mère, son épouse est la petite-fille d’un conseiller du Roi, président trésorier au bureau des finances de Rouen. Leur fille Marie Louise Chantal de La Haye de Vaulx naît en 1815.
Il décède en son château de Vaulx, âgé de 75 ans. L’acte est signé par son domestique, « principal moissonneur », et par l’instituteur du village.
Sources
État civil : mariage de ses parents, Arras, paroisse Saint-Aubert 1752, AD 62, 5 MIR 041/12, p. 622/967 ; naissance, AD 62, 5 MIR 041/16, p. 686/1382 ; mariage, AD 76, Hugleville-en-Caux-01/01/1810-31/12/1814, p. 73-74/85 ; décès, AD 80, 5MI_D854, p. 142/239.
DUBOIS de FOSSEUX, Journal de l’Académie, compte rendu des séances (décembre 1785-mars 1792), transcrit par le chanoine Léon Berthe, Archives de l’Académie, p. 27, 38.
Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 512, 516.
PLOUVAIN, Notes historiques relatives aux offices et aux officiers du Conseil d’Artois, 1823, p.133.
LA ROQUE de, Catalogue des gentilshommes de Picardie qui ont pris part ou envoyé leur procuration aux assemblées de la noblesse pour l’élection des députés aux États Généraux de 1789, 1863, p. 14.
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 56, 62, 227, 237.
MAVIDAL Jérôme et LAURENT Émile, « Liste des comparants de la noblesse du bailliage d’Amiens », dans Archives parlementaires de la Révolution Française — Première série (1787-1799) — Tome VI - Etats généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages, 1879. P. 466.
HAUTECLOCQUE Gustave de, « Inventaire des archives de l’Académie d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XXVIII [1897], p. 54, 64.
SUEUR Philippe, Le Conseil provincial d’Artois (1640-1790), 1978, p. 75, 95-108.
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 33, 39.