Aurillac (Cantal) 20 germinal an 9 (10.04.1801) - Châteauroux (Indre) 06.08.1893. Professeur de mathématiques, statisticien, recteur départemental du Pas-de-Calais de 1850à 1853

Élu en 1853, sous la présidence de François Parenty, pour succéder à Pierre Mathias Wartelle baron d’Herlincourt sur le 11e fauteuil Il est remplacé en 1854 par Constant Dutilleux.

Fils naturel de Marie Fayet, domestique, il est élevé par sa mère à Aigueparses, commune de Saint-Simon, Cantal. Il fréquente l’école communale puis accompagne dans leurs déplacements ses oncles chaudronniers ambulants. Il entre au collège d’Aurillac à l’âge de vingt ans, en 1821,  obtient son baccalauréat ès-lettres à vingt-cinq ans en 1826. Parallèlement, de 1823 à 1828, il est précepteur dans la famille Esquirou de Parieu à Aurillac, où il s’occupe de leur fils Félix (qui sera ministre de l’instruction publique de 1848 à 1852). Il gagne ensuite l'est de la France et enseigne au collège de Metz (1831-1832), puis à celui de Strasbourg. Il obtient sa licence en sciences mathématiques à la Faculté de cette ville., et s'y marie le 14 mai 1834 avec Catherine Marie Anne Henriette Conrad.

On le retrouve ensuite régent de mathématiques au collège de Colmar (3avril 1837-1850).

Grâce à l’amitié du ministre de l’instruction publique Félix Esquirou de Parieu, il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 3 mai 1849, puis nommé recteur de l’Académie du Pas-de-Calais à Arras en 1850.

Il envoie à l’Académie d’Arras en 1851 un Rapport sur un travail de statistiques sur la population du Pas-de-Calais et une lettre sur le même sujet. Ce travail lui vaut un fauteuil de résidant en 1853. Il l’abandonne dès l’année suivante, après sa nomination comme inspecteur d’académie de la Haute-Marne à Chaumont (1854) puis à Châteauroux (1863) jusqu’à sa retraite en septembre 1867.

Catholique convaincu, il est partisan de la liberté religieuse et adversaire du monopole de l’enseignement. Lors de la suppression des académies départementales en 1854, son sort est l’objet de discussions : on lui reproche un manque de dignité et un côté trivial ; de plus, pour assouvir sa passion envahissante pour les statistiques, il néglige son service, s’approprie les travaux de ses subalternes. Pour le défendre, le recteur de l’académie de Dijon fait l’éloge de son zèle à visiter les écoles sous sa responsabilité.

Veuf (son épouse est décédée pendant un séjour à Vichy (Allier) le 1er septembre 1873), il décède le 6 août 1893, âgé de quatre-vingt-douze ans, en son domicile de l’Avenue des Réols à Chateauroux

Publications

Cinquante-trois œuvres textuelles de Pierre Fayet sont répertoriées dans data.bnf.fr, dont :  

Essai sur la statistique de la population du département du Pas-de-Calais, 1853

Académie départementale du Pas-de-Calais. Instruction publique. Exposé de la situation de l’enseignement dans le département présenté au ministre. 1852.

Sources

État civil : naissance, AD Cantal, 5 Mi 33/3, p. 203/384 ; mariage, AD Bas Rhin, registre des mariages, 2 mai-1er juillet 1834, p.11/42 ; décès, AD 36, 3 E 044/156, p. 351/396.  , p. 742/787.

VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 157, 231, 235, 260.

HAUTECLOCQUE de Gustave, « Inventaire des archives de l’Académie d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XXVIII [1897], p.69.

CONDETTE Jean François, « FAYET Pierre ,note biographique » in Les recteurs d’académie en France de 1808 à 1940, T.2, INRP, 2006, p 176-177.

DUBOIS Patrick : Le dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire de Ferdinand Buisson : répertoire biographique des auteurs. INRP, 2002.

DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 49.

                                                                                   Agnès et Gérard Devulder