Arras (paroisse Sainte-Croix) 09.10.1731 - Arras, 27 ventôse an II (15.03.1794). Écuyer, secrétaire du Roi à la Chancellerie du Conseil supérieur d’Artois.
Élu en le 1er avril 1769 pour succéder à Pierre-François-Xavier-Joseph Galhaut de Lassus sur le 2e fauteuil. Son fauteuil est attribué à l’historien Benoît Joseph Charles Terninck lors de la restauration de l’académie en 1817.
Il est le fils de l’académicien Louis Guillaume François Fruleux d’Hattecourt, dont il hérite la charge, et de Marie-Thérèse de Vienne.
Il épouse en l’église Saint-Géry d’Arras, le 19 janvier 1756, Bonne Françoise Charlotte Delannoy, fille de Pierre-Isidore Delannoy, conseiller au Conseil d’Artois, et de Marie-Antoinette Lesaffre. Parmi les témoins, on relève, pour le marié, son cousin germain l’académicien Louis Joseph Cauwet de Baly, avocat en parlement, receveur général des États d’ Artois et député ordinaire des États à la Cour ; pour la mariée, son oncle maternel Lamoral Alexandre Xavier Joseph Fromentin de Savy.
Son épouse meurt le 23 décembre 1772 à Arras, âgée de 42 ans. Son service est chanté en l’église de Sainte-Marie-Madeleine, sa paroisse le deuil est conduit par son frère Alexandre Joseph Xavier Delannoy d’Estrée, ancien mousquetaire, en présence de Louis François Ferrand, major des ville et cité d’Arras. Elle est inhumée le 26 décembre dans le chœur de l’église de Souchez « vis-à-vis la tribune du seigneur ».
Académicien, Jean Guillaume Fruleux participe chaque année à plusieurs séances de l’académie, généralement pendant les mois de l’hiver, jusqu’à l’ultime séance du 4 mars 1791.
Membre de la Loge de l’Amitié en 1788, il est d’abord partisan de la Révolution, mais il est dénoncé par six concitoyens de Souchez, le 6 février 1794, comme "ennemi du peuple, de la Révolution, des principes sacrés de la douce Égalité, ayant recelé chez lui les meubles du curé réfractaire, M. de Wailly ». On trouve chez lui des portraits d’Henri IV et de Louis XVI, la collection du Journal de la Cour et de la Ville, et de l’Ombre de Juvénal, tableau des crimes du XVIIIe siècle. Transféré à Arras, il est traduit devant le tribunal révolutionnaire le 15 mars. Condamné à mort pour « manœuvres et intelligences avec les ennemis de la France », il est guillotiné le jour même. Le jugement ordonna qu’avant l’exécution du condamné, les portraits de Henri IV et de « Louis Capet » seraient brulés au pied de la guillotine. Il est l’une des premières victimes du Tribunal révolutionnaire d’Arras et l’un des sept académiciens guillotinés en 1794.
Sources
État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 041/19, p. 770/1357 ; mariage, AD 62, 5 MIR 041/5, p. 709/1343 ; décès, AD 62, 5 MIR 041/49, p. 325/1436 ; décès de son épouse, AD 62, MIR 041/17, p. 1192/1388 ; inhumation de son épouse, AD 62, 5 MIR 801/1, p.276/711.
Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 400.
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PARIS Auguste Joseph, La Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord. Histoire de Joseph Le Bon et des tribunaux révolutionnaires d'Arras et de Cambrai, 1864, p.217-218.
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 43, 65-66, 68, 70, 226, 233.
CARDEVACQUE Adolphe de, « Fruleux de Souchez », in, « Voyage autour de mon fauteuil à l’Académie d’Arras », MAA, 2e série, t. XIV (1883), p. 259-263.
HAUTECLOCQUE de Gustave, « Inventaire des archives de l’Académie d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XXVIII [1897], p. 53.
LESUEUR Émile, La Franc-Maçonnerie artésienne au XVIIIe siècle, 1914.
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