?... 1713 (?) – Arras (Saint-Jean-en-Ronville) 27.02.1774. Écuyer, commissaire ordonnateur des guerres au département d’Arras.
Membre fondateur en 1737, installé sur l’ancien 34e fauteuil. Il est remplacé dès 1740 par Pierre-François Ansart de Mouy.
Il est le fils de Jérôme Manchon, conseiller, commissaire ordonnateur des guerres au département d’Arras, et de Suzanne Pavard. Des incertitudes demeurent quant à la date et au lieu de sa naissance. D’après ses actes de mariage et de décès, il devrait être né vers 1713.
Voici ce qu’il a été possible d’attester de ses ascendants et de ses collatéraux.
Jérôme Manchon-père de l’académicien, est né à Paris, paroisse Saint-Séverin. Bachelier en théologie de la faculté de Paris, il est mentionné comme clerc jusqu’en 1687. Il était le fils de Dominique Manchon et de Geneviève Boileau (la sœur de l’écrivain Nicolas Boileau). Après avoir abandonné l’état de clerc, il achète une charge d’ordonnateur des guerres à l’aide d’un prêt de son oncle maternel l’écrivain Nicolas Boileau-Despréaux. Il épouse Suzanne Pavard avant1706, date de la naissance d’une première fille, Anne Suzanne, à Ypres, où il exerce d’abord sa charge. Il est ensuite en fonction à Aire-sur-la-Lys où naît sa deuxième fille, Marie Françoise, le 22 août 1713. Il décède à Arras (paroisse Saint-Nicolas-sur-les- Fossés) le 24 septembre 1736. Il est remplacé dans sa charge par son fils Jérôme Manchon, l’académicien, qui serait né lui aussi vers 1713, mais dont on ne trouve pas la trave en 1713…
Suzanne Pavard, mère de l’académicien, née vers 1689, décède à Arras (paroisse Sainte-Croix), le 26 janvier 1759. Elle est inhumée le surlendemain « dans la nef de Saint-Quentin » de l’église Sainte-Croix.
Anne Suzanne Manchon, sœur ainée de l’académicien, née à Ypres en 1706, rentière, décède à l’âge de 87 ans en son domicile rue Sainte-Marguerite à Arras le 19 avril 1793.
Marie Françoise Manchon, autre sœur de l’académicien, née à Aire en 1713, épouse de Ferdinand Dubois de Fosseux en 1740, meurt le 5 juillet 1793, en son domicile arrageois de la rue du Mont-de-Piété.
Jérôme Manchon fils, qui a repris en 1736 la charge de son père, est en 1737, l’un des jeunes fondateurs de l’Académie d’Arras. Les archives de la société mentionnent qu’en 1738, il est chargé, avec ses collègues Ignace Delestré, Louis-Léonard Le Josne Contay, et Adrien-Antoine Blocquel de Croix d’étudier un point de grammaire : « De quel genre sont les mots amour, alcôve, automne, délices, épitaphe, épithalame, équivoque, horoscope, couple, légume, orgue, œuvre ; s’ils peuvent être employés au masculin et au féminin, indifféremment ou en quel cas ; et désigner les autres mots qui ont la même prérogative, appuyés d’exemples des meilleurs auteurs ». Après cet exploit il quitte l’Académie, probablement accaparé par ses activités professionnelles.
Il épouse à Arras, en l’église Saint-Nicolas-sur-les-Fossés, le 9 mai 1746, Élisabeth Françoise Pommart. Originaire de Dunkerque, elle est la fille unique de feu Charles Guislain Pommart, capitaine au régiment d’infanterie de Bouzols-Marsan et de Barbe Françoise Brussin. Le mariage est célébré en présence de l’académicien César Raphaël Durant, médecin des hôpitaux du Roi à Arras qui signe à la place du curateur de la mariée, de François Gabriel Dupont, échevin de la ville d’Arras, d’Élisabeth Pommart, tante de la mariée, de Marie Thérèse de Bailliencour dit Courcol, cousine germaine de la mariée, et d’Anne Suzanne Manchon, sœur du marié.
Le couple donne naissance à dix enfants entre 1747 et 1760.
Jérôme Manchon décède le 27 février 1774 à l’âge de soixante-et-un an dans la paroisse de Saint-Jean-en-Ronville. Il est inhumé le lendemain, en présence de son beau-frère, l’académicien Ferdinand Dubois de Fosseux, et de Louis François Ferrand, écuyer, chevalier de Saint-Louis, major des villes et cité d’Arras.
Il laisse sa charge d’ordonnateur des guerres à son fils aîné Charles Jérôme Marie.
Sources
État civil : Jérôme Manchon-père : décès, AD 62, 5 MIR 041/9, p. 1101/1420. Suzanne Pavard, mère : décès, AD 62, 5 MIR 041/20, p. 845/1418. Anne Suzanne Manchon, sœur aînée : décès : AD 62, 5 MIR 041/48, p. 1276/1318. Marie-Françoise Manchon, autre sœur : naissance, Aire, Notre-Dame, AD 62, 5 MIR 014/2, p.1202/1274) ; mariage, Arras Sainte-Marie-Madeleine, 5 MIR 041/17, p. 677/1388 ; décès, AD 62, 5 MIR 041/49, p. 57/1436.
Jérôme Manchon-fils l’académicien : naissance ? ; mariage, Saint-Nicolas-sur-les-Fossés, 5 MIR 041/9, 1402-1403/1420 ; décès, Saint- Jean-en-Ronville, 5 MIR 041/10 p. 840-841/1362.
BERRIAT-SAINT-PRIX, Œuvres de Boileau collationnées sur les anciennes éditions et sur les manuscrits, avec des notes historiques et littéraires, et des recherches sur sa vie, sa famille et ses ouvrages, tome troisième, Paris, 1830, p. 462, et note 1.
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 12, 17, 19, 72-73, 223.
DU PÉAGE Charles Denis, « Brussin » in « Notes d’état civil de la région du Nord, 3e série (suite et fin) », Société d’études de la province de Cambrai, recueil 52, 1943, p. 29.
BERTHE Léon-Noël, « Manchon », in Dubois de Fosseux, secrétaire de l’Académie d’Arras, 1785-1792, et son bureau de correspondance, Arras, 1969.
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p.12, 39.