Vis-en-Artois 21.02.1836 – Équihen 06.02.1923. Vétérinaire, chef du service vétérinaire départemental, sénateur du Pas-de-Calais de 1897 à 1920.

Élu en 1899, sous la présidence du chanoine Charles Rohart,  pour succéder à Henri Loriquet sur le 15e fauteuil, il est reçu le 27 mai 1901 par le président. Ayant quitté Arras, il démissionne en octobre 1921, et il est remplacé en 1922 par le général Leleu.

Il est le deuxième des trois enfants d’un couple de marchands épiciers, Augustin Viseur, et Marie Augustine Delaine.

Le 30 mai 1866, il épouse à Morchies Maria Defontaine. Le couple aura trois enfants.

Devenu agriculteur et vétérinaire, il accepte rapidement de prendre des responsabilités importantes. Le préfet le nomme en 1888 directeur départemental des services vétérinaires, secrétaire de la Société de médecine vétérinaire du Nord-Pas-de-Calais, président d’honneur du Cercle agricole. Il s’intéresse aux problèmes provoqués par les épizooties, mais aussi aux questions d’hygiène sociale. 

Sous le Second Empire, républicain progressiste, Jules Viseur combat la candidature officielle et le plébiscite.

Membre du comité d'armement du Pas-de-Calais, sous le gouvernement de la défense nationale, il fut chargé en cette qualité d'acheter environ trois cent chevaux pour les besoins de l'armée du Nord. Il se distingue aussi pour avoir enrayé par des mesures rigoureuses une épizootie de peste bovine qui s'était échappée des parcs de l’armée allemande et répandue rapidement dans presque tout le Pas-de-Calais, et ce, « malgré l'hostilité des ignorants et des malfaiteurs de tout genre ». Il en est récompensé par la Légion d’honneur, le 31 décembre 1881, à la demande du ministère de l’Agriculture.

En 1873, dans une lecture à l'Académie de médecine, il a démontré en particulier « l’unité de la tuberculose humaine et bovine et sa facile inoculabilité sous ces deux origines, même aux carnivores ». Il publie de nombreux travaux sur l'agriculture et l'économie du bétail. Spécialisé dans la race chevaline, on lui doit une Histoire du cheval boulonnais ; ses Récits et Pensées conserveront le souvenir de son originale personnalité, d’une droiture si sympathique.

En 1893, il accepte d'être candidat à l'élection législative dans la 2e circonscription d'Arras contre le candidat conservateur ; il obtient 9.704 voix contre 9.791 à Tailliandier, qui est réélu. Il a plus de chance le 1er août 1897 où, au premier tour de scrutin, il est élu sénateur en remplacement de Camescasse, décédé, par 1.499 voix sur 1.798 votants. Dès son élection au Sénat il cesse d'exercer ses fonctions de chef du service vétérinaire départemental. Son mandat lui est renouvelé le 28 janvier 1900, toujours au premier tour de scrutin, par 1.189 voix sur 1.792 votants. Il reste sénateur du Pas-de-Calais jusqu’en 1920, inscrit au groupe de l'Union républicaine.

Il se réfugie dans le Boulonnais pendant la Grande Guerre. Il meurt en 1923, dans sa maison d’Equihen, sans avoir repris contact avec l’Académie.

 

Publication dans les Mémoires de l’Académie d’Arras

Discours de réception le 27 mai 1901, MAA, 2e série, t. XXXII (1901), p. 10-27

 Autres publications 

Récits et Pensées, 1906.

Histoire de la race chevaline boulonnaise. De son évolution depuis ses origines il y a deux mille ans. 1896.

Nouvelle invasion de la clavelée dans le département du Pas-de-Calais. 1878.

Un cas de morve sur l’homme, historique de la maladie, résultats d’inoculation au cheval, à l’âne, à la chèvre. 1876.

De la contagiosité de la phtisie tuberculeuse. 1875.

 Sources

État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 864/2, p. 199/1293 ; mariage, AD 62 5 MIR 591/1 1348/1701.

Base Léonore : LH//2732/38

BESNIER Georges – « Les trente fauteuils de l’Académie d’Arras », dans Le Courrier du Pas-de-Calais, 20-26 avril 1937.

JOLLY Jean, « Jules Viseur », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), 1960.

MÉNAGER Bernard, FLORIN Jean-Pierre, GUISLIN Jean-Marc, Les parlementaires du Nord-Pas-de-Calais sous la IIIe République, Lille, 2000.

Sénat.fr, Anciens sénateurs de la IIIe République, notice Viseur.

 Jean-Pierre Diers