Paris (paroisse Saint-Sulpice) 29.12.1733 – Steenvoorde (Nord) 09.09.1783. Écuyer, major des ville et cité d’Arras, chevalier de Saint-Louis.

Élu le 4 novembre 1780 pour succéder au jésuite Jérôme Vénière sur le 22e fauteuil, il est reçu le 10 avril 1782 par Pierre-Philippe Duquesnoy, directeur de l’année. Il est remplacé le 21 avril 1784 par l'avocat Philibert Lesage.

Il est l’un des très nombreux enfants de Pierre François Cardon, receveur des domaines de la province de Chimay, et de Henriette de Quay.

Il s’engage comme volontaire au corps des ingénieurs de la Marine et s’embarque en 1733 pour aller servir aux “Isles du Vent”, en Guadeloupe d’abord, jusqu’en 1755, puis à la Martinique où il est nommé sous-ingénieur et lieutenant réformé.

Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), il est aide de camp du général Beauharnais qui commandait alors dans les îles françaises. Capturé par les Anglais en 1759, il est libéré à la paix de 1763. Promu ingénieur et capitaine réformé le 1er décembre 1762, il revient en France où il est intégré au corps royal du génie. En 1774 on le retrouve à Valenciennes, et en 1779 on sait qu’ il est major de la place d’Arras.

C’est dans cette ville qu’il est élu à l’académie en 1780, mais les archives de la société n’ont conservé aucune trace de son activité.

Le 3 décembre 1781, à l’âge de 48 ans, il épouse Marie Louise Isabelle de Loyen de Moebecque, en l’église Saint-Pierre de Bergues. Elle est la fille, âgée de 27 ans, de Jean de Loyen de Montigny, avocat au Parlement de Flandre et d’Anne Claire Joets de Moebecque. Les témoins sont, pour l’époux, Louis Le Chevalier du Portel capitaine au corps royal du génie, et pour l’épouse, son père Jean de Loyen, son beau-frère Jean-Guillaume-Joseph Thieulaine d'Hauteville, capitaine au régiment d’infanterie de Bourbon, qui sera aussi académicien à partir de 1788, et son cousin, Pierre Dehau de Staplande subdélégué des ville et châtellenie de Bergues Saint-Winoc.

Le couple donne naissance à un fils, Edmond, le 26 septembre 1782 à Arras. Il sera créé baron de Montigny par Napoléon, et épousera le 8 février 1804 Marie Charlotte Lallart de Berlette.

Charles Louis Cardon décède à Steenvoorde le 9 septembre 1783, à l’âge de 50 ans. Il y est enterré dans le cimetière de l’église Saint-Pierre. Le deuil est conduit par son beau-frère Jean de Loyen de Montigny.  

Son épouse, veuve après deux ans de mariage, va se fixer à Versailles auprès de la famille de son mari. Cousine de Mme Campan par sa belle-sœur Marie Anne Louise Cardon, elle devient femme de chambre de la reine Marie Antoinette de 1785 à 1792. Elle décède à Arras en son domicile de la rue Saint-Denis, le 25 février 1810. Son acte de décès est paraphé par son beau-frère Jean Guillaume Joseph Thieulaine d’Hauteville, qui avait déjà été témoin de son mariage, et par Benoît Joseph Lallart, beau-père de son fils Édouard.

Dans le cimetière d’Hauteville on pouvait lire sur le monument des Cardon de Montigny et des Thieulaine cette épitaphe rédigée par son fils Édouard :

À la mémoire de ma mère

Marie Louise Isabelle Cardon, née Deloyen

Elle n’a vécu que pour son fils

Il était sa seule pensée

Elle s’est toujours entièrement oubliée pour lui

Sa tendresse remplissait ma vie de douceur

Je l’ai perdue avant sa vieillesse

J’étais loin d’elle dans ses derniers moments

Que de douleur et de regrets

Priez Dieu pour elle

Elle repose sous la pierre gauche de ce monument qui lui a été élevé par son fils.

 

Sources

État civil : mariage, AD 59, 5 MI 025 R 010, p. 27-28/522 ; décès, AD 59 5 Mi 038 R 029, p. 293/901; décès de son épouse, AD 62, 5 MIR 041/51, p. 1263/1465.

Ministère de la Culture, Archives nationales d’outre-mer, Secrétariat d’État à la Marine-Personnel colonial ancient, Lettre C “Cardon, Charles Louis, ingénieur à la Martinique”, Notice descriptive  COL E 63.

Épigraphie du Pas-de-Calais, vol 6, arrondissement de Saint-Pol, canton d’Avesnes-le-Comte, commune de Hauteville.1898.

Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 511.

VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 55, 59, 72-73, 226, 237.

CAVROIS DE SATERNAULT Louis, “ Thieulaine d’Hauteville”, dans “Histoire de mon fauteuil, 23e de l’Académie d’Arras,” Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XV (1884), p. 371.

HARLÉ Édouard, “Marie Louise Isabelle de Loyen Ve Cardon”, dans “Maison de la Dauphine puis de la reine Marie Antoinette”, dans “Maison du Roi et de sa famille”, Livre de famille, Recueil de documents sur ma famille, 2e partie, t. I, 1918, p. 313, 315, 316.

DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 17, 20, 41.