Arras (paroisse Saint-Géry), 08.01.1726 - Paris 29.10.1784. Écuyer, successivement avocat au Conseil d'Artois, substitut de l’avocat général, député du tiers aux États d'Artois.
Élu pour succéder à l’avocat André Blin de Grincourt sur le 15e fauteuil, il est reçu le 6 février 1751 par le directeur de l’année, François-Joseph Briois de Beaumetz. Il est remplacé en 1786 par Félix Chesnon de Champmorin .
Il est le fils de Philippe Brunel et de Marie Philippine Caulier. Son parrain, Pierre-François Le Gay, secrétaire du Roi en la chancellerie du Conseil d’Artois, sera en 1737 l’un des fondateurs de l’Académie d’Arras.
Il épouse en premières noces Jeanne Françoise Delestoille, le 26 juillet 1753. Elle est la fille de François Delestoille et de Françoise Thérèse Misboth (une famille d’avocats douaisiens). Les témoins sont Gilles Albert de La Verdure, l’académicien Jean-Henry-Marie Foacier de Ruzé et Charles Henri Courcol, lieutenant de Vimy. Après publication des bans dans leurs paroisses respectives (Saint-Aubert à Arras et Saint-Pierre à Douai), le mariage est célébré à Vimy par Jean Baptiste Delestoille, curé de la paroisse et oncle de la mariée.
Jeanne Françoise Delestoille décède à Arras le 1er mars 1756, à l’âge de trente ans, sans descendance. Elle est inhumée le 3 mars, dans l’église de Sainte-Marie Madeleine. Le deuil est conduit par François Joseph Briois, académicien, premier président du Conseil d’Artois.
Huit mois plus tard, le 11 octobre 1756, Pierre Brunel épouse à Arras, en secondes noces, la très jeune Marie Philippe Constance Néauport (1739-1780). Elle est la fille de Josse Hyppolithe Néauport, procureur au Conseil d’Artois et de Marie Françoise Constance Le Roy. Signent comme témoins, Pierre Dominique Rouget, conseiller du Roi, avocat général au Conseil d’Artois, Charles Guislain Quarré de Chélers, mayeur des ville et cité d’Arras, mousquetaire du Roi, et encore Jean Henri Marie Foacier de Ruzé. Trois enfants sont issus de ce mariage.
Reçu à l’Académie d’Arras en 1851, Pierre Brunel, féru de littérature, participe activement à la vie de la Société littéraire pendant les années qui suivent immédiatement son élection. Il démontre dans son discours de réception Combien les belles-lettres sont nécessaires à l’avocat. Le 18 mars 1752, il livre, sous le titre Combien le malheur sert aux hommes, « ses réflexions sur différents sujets de morale et de littérature, où il fait entrer les portraits de plusieurs écrivains célèbres ». Le 27 janvier 1753, il conclut par un discours « dont le but était de prouver qu’il ne faut pas être trop docile à la critique » la séance extraordinaire au cours de laquelle l’Académie avait reçu le nouvel évêque d’Arras Jean de Bonneguise. En 1755, à l’occasion de son élection comme chancelier, il traite « de l’inconvénient du mépris de la littérature ». Il conserve son fauteuil jusqu’à son décès.
Reçu substitut de l’avocat général le 5 décembre 1753, il exerce cette fonction jusqu’en 1770, liquide son office en 1774 pour 6000 livres, et se consacre désormais à son rôle de député du tiers aux États d’Artois et à la Cour qui l’amène à de fréquents déplacements à Paris.
Sa seconde épouse, Marie Philippe Constance Néauport, décède le 21 janvier 1780 à Arras et est inhumée au cimetière de Saint-Nicaise. Le deuil est conduit par Benoît Sproit, abbé d’Hénin-Liétard et député général et ordinaire du clergé aux États d’Artois.
Pierre Brunel décède à Paris, dans l’hôtel des députés des États d’Artois, rue du Cherche-Midi, au cours de l’une de ses députations, le 29 octobre 1784.
Sources
État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 041/4, p. 232/1309 ; mariage avec Jeanne Françoise Delestoille à Vimy, AD 62, 5 MIR 861/1, p. 713/1045 ; décès de Jeanne Françoise Delestoille, AD 62, 5 MIR 041/12, p. 715/967 ; inhumation AD 62, 5 MIR 041/17, p 902/1388 ; second mariage, AD 62, 5 MIR 041/17, p. 911-912/1368 ; décès de Marie Philippe Constance Néaupont, AD 62, 5 MIR 041/13, p. 493/1407 ; décès de Pierre Brunel, Journal de Paris, n° 304, 30 octobre 1784, p. 1280.
PLOUVAIN Pierre, Notices historiques relatives aux offices et aux officiers du Conseil provincial d’Artois, nouvelle édition, Douai 1843, p. 123
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l'Académie d'Arras, 1872, p. 34, 70-71, 224, 236.
Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 430-432, 436, 438, 442-443, 460.
SUEUR Philippe, « Le Conseil Provincial d’Artois (1640-1790 », Mémoires de la Commission départementale des Monuments historiques du Pas-de-Calais, t. XVIII (1-1978 et 2-1982).
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 31.