Arras (paroisse Saint-Maurice) 10.10.1722 – Arras 17.06.1793. Avocat général au conseil d’Artois, premier président du conseil provincial de 1752 à 1785.
Élu pour succéder à Adrien Joseph de Mullet du Petit-Rieux sur le 21e fauteuil, il est reçu le 3 février 1748 par le directeur de l’année, Pierre-Joseph de Canchy. Il est nommé chancelier le 7 février 1750, et directeur le 6 février 1751. Il conserve son fauteuil jusqu’à sa mort. Son fauteuil est attribué en 1817, à la refondation de l’Académie, à l’ingénieur Jean-Baptiste Courtalon.
La famille Briois constitue un bon exemple d’ascension sociale artésienne. Issus de la paysannerie, ils accèdent à la bourgeoisie au XVIe siècle puis à la noblesse en 1692 en achetant un office de secrétaire du Roi en la chancellerie établi près du Parlement de Flandre. La consolidation sociale se poursuit avec François-Albert avocat général au Conseil d’Artois en 1718.
Fils de François Albert Briois et de Marie Catherine Lallart, François Joseph Briois a pour parrain Adrien Joseph de Mulet du Petit Rieux, chevalier d’honneur du Conseil d’Artois, à qui il succèdera à l’Académie, et pour marraine, sa grand-mère maternelle Marie Catherine Dupuich.
Avocat au conseil d'Artois, il recréante sa bourgeoisie le 10 juin 1744, devient substitut du procureur général, puis avocat général au lieu de son père le 5 décembre 1747. Il il poursuit l'ascension sociale de ses parents en faisant l'acquisition de la charge de Premier Président du Conseil d'Artois laissée vacante par le brusque décès de Louis-François Parisot. premier président du conseil d'Artois, le 22 décembre 1752.
Il est actif à l’Académie de 1748 à 1753. Son discours de réception le 3 février 1748 « mérita tous les applaudissements des auditeurs, tant à cause de la finesse des pensées et de la diction, qu’à cause de l’élégance du harangueur ». Il y fait le portrait des son prédécesseur qui avait été son parrain, Adrien Joseph du Mullet du Petit-Rieux : « Son amitié pour moi allait jusqu’à la tendresse d’un père… ». Le 7 février 1750, à l’occasion de son élection comme chancelier, il prononce un discours sur l’avantage de bien parler et l’importance de ce talent pour l’homme d’État, le négociateur, le magistrat, et... pour tous les hommes en général. Le 20 mars 1751, élu directeur pour l’année, il ouvre la séance par un discours sur l’influence des lettres sur les arts…, puis il reçoit l’avocat Pierre Brunel, nouvel élu. Il reçoit encore, le 31 mars 1753, l’abbé Simon, et développe comme lui, l’idée que la littérature est utile aux ecclésiastiques.
Il se marie le 9 juillet 1754, à Villers-Bretonneux (Somme), avec sa cousine Marie-Joseph-Albertine Catherine Palyart, fille de Jean-François Palyart, écuyer, conseiller au bailliage et siège provincial d’Amiens, et de Bonne Rosalie Lallart d’Aubigny. Signent comme témoins : son beau-frère Guislain Lallart de Lebucquière, et l'oncle maternel de son épouse, Joseph François Xavier Lallart du Hamel, trésorier de France au bureau des finances d’Amiens.
Leur fils unique Bon-Albert naît le 23 décembre 1755. Il deviendra lui aussi académicien d'Arras.
Fort d’une parentèle qui lui assure de solides soutiens au Conseil provincial d’Artois mais aussi dans l’administration des États d’Artois, François-Joseph affirme sa volonté de vivre noblement. Il n’a cessé d’accroître son patrimoine foncier : 231 hectares à Beaumetz (Beaumetz-lez-Loges depuis 1858), une cinquantaine d’hectares très morcelés au sud d’Arras, achetés entre 1753 et 1754, auxquels il faut ajouter les seigneuries d’Ervillers, de Brétencourt, de Fermont et du Petit-Rieux. On a pu évaluer sa fortune foncière à 600 000 livres et ses revenus annuels à 40 000 livres. La reconstruction du château de Beaumetz, vers 1760, le mariage de son fils aîné, Bon-Albert, le 17 août 1775 avec Marie-Louise-Jeanne-Bonne de Crény, appartenant à une famille aristocratique connue au moins depuis le XVe siècle, l’autorisation royale de pouvoir timbrer ses armoiries d’une couronne de comte et de prendre deux lions pour support, suite à la transaction de 1783 avec les Briois d’Angres et d’Hulluch, pouvaient donner au Premier Président François-Joseph Briois le sentiment d’une réussite sociale et professionnelle.
À 63 ans, il résigne sa charge de premier président et chef du Conseil d'Artois en faveur de son fils, Bon-Albert, qui lui succède le 25 décembre 1785.
Le secrétaire de l’Académie, Dubois de Fosseux, signale sa présence, une dernière fois, aux deux séances publiques des 26 et 27 avril 1786.
François-Joseph Briois voit tous ses biens confisqués pendant la Terreur. Arrêté le 2 mai 1793 comme suspect, il est incarcéré à l’Hôtel-Dieu où il décède le 17 juin 1793, âgé de soixante-dix ans. La citoyenne Louise Michèle Nio, (religieuse) hospitalière de l’Hôtel-Dieu, cosigne son acte de décès.
Sources
État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 041/14, p. 800/1368 ; mariage, AD 80, Villers-Bretonneux, 5 MI_D857, p. 404/421 ; décès, AD 62, 5 MIR 041/49, p. 31/1436.
DUBOIS DE FOSSEUX , Journal de l’Académie, (décembre 1785-mars 1792, Archives de l'Académie d'Arras, p. 17, 18.
PLOUVAIN Notices historiques relatives aux offices et aux officiers du Conseil provincial d’Artois, nouvelle édition, Douai 1843, p. 123.
Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863], p. 418-420426-427, 430-431-432,435, 439.
PARIS Auguste, Histoire de Joseph Le Bon et des tribunaux révolutionnaires d’Arras et de Cambrai, 1864 , p. 660.
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 31, 32, 65, 72-73, 237.
SUEUR Philippe, Le Conseil Provincial d’Artois (1640-1790, Mémoires de la Commission départementale des Monuments historiques du Pas-de-Calais, t.2, Arras, 1982, p. 817, 863.
BAUCHET Ghislaine, BREERMERSCH Pascale, DHERENT Catherine, SERVANT Hélène, Cinquante figures du Pas-de-Calais pendant la Révolution, 1989.
DECELLE Jean-Michel, NOLIBOS Alain, TILLIE Michel, « L’hôtel de Guînes à Arras, trois siècles d’histoire », extrait du t. XVIII de Histoire et archéologie du Pas-de Calais, Arras, 2000.
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 31, 32, 39.
Alain Nolibos