Bordeaux 5 nivôse an IX (26.12.1800) – Lille 17 07 1876. Professeur d’écriture et de grammaire à l’école régimentaire du génie.

Élu le 14 décembre 1832 pour succéder au colonel Faille sur le 27e fauteuil. Il est remplacé en 1841 par le colonel Maillard d’Ontot.

Il est le fils de Joseph François Audibert, libraire, et de Bonne Lafage.

Son père, Joseph François, natif de Chambéry, dans le duché de Savoie, émigre à Lyon où il est graveur en taille douce, et où il épouse Bonne Lafage ; il s’installe ensuite à Bordeaux où il est libraire, et enfin à Paris où il est toujours libraire, et où décède son épouse le 19 septembre 1810. Il est naturalisé français par ordonnance royale le 10 juin 1818. Cela lui permet d’accéder à la fonction publique. À cette date, veuf, il devient professeur d’écriture et de grammaire à l’école régimentaire du génie d’Arras. Il y décède sept ans plus tard, le 19 mai 1825, à l’âge de 62 ans. Il est à noter que l’académicien Louis Donop, professeur de mathématiques à cette même école du génie, signe en tant que témoin l’acte de son décès.

On sait peu de choses de Stéphane Évariste Audibert, sauf que l’école régimentaire du génie d’Arras tient une place importante dans sa vie : son père y a été professeur, et lui-même y enseigne aussi l’écriture et la grammaire. Il y a connu l’académicien Donop qui y était professeur de mathématiques et qui était ami de son père.

Il épouse à Arras, le 20 juin 1827, Estelle Constance Cardon, marchande âgée de 26 ans, fille d’ Antoine Louis Cardon, chirurgien aux armées à Lille, et de Constance Marie Josèphe Bukan. De ce mariage naît un fils, le 21 mai 1828, prénommé comme son père, Stéphane Évariste. Il deviendra polytechnicien, et reviendra à Arras comme sous-lieutenant au 1er régiment du génie. Il y décèdera le 18 mars 1855, à l’âge de 27 ans.

Il est élu à l’académie d’Arras en 1832. Dans son long article sur la seconde Restauration dans le Pas-de-Calais (1815-1830), le comte Gustave de Hauteclocque, membre résidant, cite Audibert comme de mouvance libérale (Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XLII, [1911], p. 66-67, 201). Et c’est un fait qu’il fait partie de la fournée des nouveaux académiciens élus après l’instauration de la Monarchie de Juillet pour remplacer les nombreux  légitimistes démissionnaires.  Le 28 août 1836 Stéphane Évariste Audibert fait à l’académie le rapport sur le concours des sociétés de tempérance : « Exposer l’influence que les associations de tempérance exerceraient sur les mœurs françaises, et déterminer les moyens de les organiser ». Nous n’avons pas d’autres traces de son activité au sein de la compagnie. On ignore les raisons de son départ en 1841.

Il continue à participer à la vie intellectuelle locale, et assiste en août 1853 à la XXe session du Congrès scientifique de France qui se tient à Arras.

Il est fait chevalier de la Légion d’honneur au titre du Ministère de la Guerre, par le Second Empire, le 12 juin 1856.

Il est admis à la retraite et pensionné le 1er octobre 1864.

Il se retire à Lille d’où est originaire son épouse Constance Estelle Cardon. Il y décède le 17 juillet 1876 en son domicile, 38 rue Grande-Chaussée, qualifié de « propriétaire, ancien professeur à l’école du génie ».

 Publication dans les Mémoires e l’Académie d’Arras

Rapport sur le concours des sociétés de tempérance, MAA, 1ère série, t. XVII [1836], p. 13-27.

Sources

 État civil : naissance, Archives municipales Bordeaux métropole, 1 E 26, p. 37/165 ;décès de sa mère, AD Val de Marne, Vincennes NMD, 1810, p.63/75 ; décès de son père AD 62, 5 MIR 041/54, p. 6/1338 ; mariage : AD 62 5MIR 041/44, p 1201/1395 ; naissance de son fils, AD 62, 5 MIR 041/36, p. 188/1335 ; décès : AD 59, 5 Mi 044 R 331, p. 138/633.

Base Léonore : dossier LH//70/81.

HAUTECLOCQUE Gustave de, « La seconde Restauration dans le Pas-de-Calais (1815-1830 », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XLII (1911).

Bulletin des lois, 11e série, deuxième semestre de 1864, partie supplémentaire, tome XXIV, n° 1085,(1864), p. 978-979.

Michel Beirnaert