Arras (paroisse Saint-Aubert) 01.10.1748 - Charleville (Ardennes) 27.04.1823. Chevalier, capitaine d'infanterie, gendarme de la garde, député de la noblesse aux États d'Artois, historien de l'Artois.

Élu en 1769 pour succéder à Charles Antoine Joseph Leclerc de Montlinot sur l'ancien 21e fauteuil, il est reçu le 7 avril 1770 par l’abbé Georges-Gilles Monlien de la Borère, directeur en exercice. Il n'a pas de successeur, son fauteuil ayant été supprimé par la réforme de 1773.

Il descend, comme les trois autres académiciens qui portent le patronyme « Deslyons », d’Hector des Lyons, greffier des États d’Artois, anobli en 1634. Sa famille a possédé les seigneuries de Fontenelles, Feuchin, Moncheaux, Bavincourt, Pelves, Locon et autres lieux. Ses descendants se sont souvent mariés entre cousins, après avoir obtenu du Saint-Siège des dispenses de consanguinité.

Baron Deslyons, seigneur de Bavincourt, Fontenelles et autres lieux, Ange Joseph Remy est le fils de l'académicien Édouard-Marie-Joseph Deslyons de Moncheaux  et d’Élisabeth Gertrude Deslyons. Son parrain est son oncle maternel Louis Joseph Cornil Deslyons de Noircarme et sa marraine, sa tante paternelle Marie Anne Élisabeth Deslyons de Fontenelle. Il est le neveu de l’académicien Hector Adrien Louis Deslyons de Fontenelle, et le petit neveu de l’académicien Alard Ignace François Deslyons de Pelves. 

Reçu à l’Académie en même temps que Fruleux de Souchez, de Harchies, et le comte de Lannoy, il s’y fait l’historien de la province : il donne le 25 avril 1772 une description géographique de l’ancien et du nouvel Artois, et le 24 avril 1773, à son tour directeur en exercice, il ouvre la séance publique par un examen « du cours des rivières et canaux avec des remarques sur les moyens de les rendre plus utiles en les faisant servir à la navigation et en empêchant les inondations qu’elles occasionnent ». Il poursuit ses travaux sur l’Artois après avoir quitté l’Académie et publie plusieurs ouvrages où il fait preuve d’un militantisme libéral, de rationalisme en matière de religion et développe sa conception physiocratique de la vocation économique de la province.

Il épouse à l’âge de vingt-cinq ans, à Arras (paroisse Saint-Jean en Ronville), le 18 janvier 1774, Marie Françoise Josèphe Éléonore de Godet, sa cousine par sa mère, fille unique de Jérôme César Marie de Godet, (chevalier, baron de Neuflize, vicomte de Vadenay et d’Arcis-le-Ponsart, seigneur de Taissy, chevalier de Saint-Louis, et ancien capitaine au régiment de la Couronne), et de Marie Apolline le Josne Contay. Sont présents comme témoins : son frère cadet Édouard Miles Vaast Deslyons de Moncheaux, lieutenant au régiment de Strasbourg du corps royal d’artillerie, son oncle maternel Louis Joseph Cornil Deslyons de Noircarme, l’oncle maternel de la mariée, Louis Joseph Michel Lejosne Contay de la Ferté, marquis de Lesvaque, et  François Guislain Boucquel de la Comté, ancien capitaine au régiment de Navarre, bel-oncle maternel de la mariée.

De cette union naissent une fille et trois fils.

Par ce mariage, Ange Joseph Remi Deslyons devient, après le décès de son beau-père en 1782. seigneur de Taissy (Marne) et propriétaire en Picardie.

On ignore son attitude pendant la Révolution, mais on sait que par crainte de Le Bon, il se retire discrètement sur son domaine de Francières (Oise), en 1792, d’où il correspond avec son épouse demeurée imprudemment à Arras avec ses enfants. Elle y est victime de la Terreur. Arrêtée comme suspecte le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), chez sa tante Mme Boucquel de la Comté où elle était allée « afin de se faire traiter pour un épanchement de lait », elle est condamnée à mort le 22 germinal an II (11avril 1794) « pour avoir conservé un recueil de chansons respirant le royalisme le plus dégoûtant, et écrit différentes fois à son mari émigré ». Transférée à Cambrai, elle y est guillotinée le 25 prairial an II (13 juin 1794).

Ange Joseph Remi Deslyons termine sa carrière sous la Restauration, à Charleville où il est conseiller municipal, et où il décède le 27 avril 1823, âgé de 75 ans.

Chevalier de l'ordre royal de Saint-Louis.

Publication

Description géographique de l’Artois ancien et moderne, 1772

Éloge de Suger, abbé de Saint-Denis, 1779.

Description du cours des rivières et des canaux de l’Artois, 1779.

Histoire générale de la province d'Artois, 1785.

Sources

État civil : naissance, AD 62, 5 MIR 041/12, p. 524/967 ; mariage, AD 62, 5 MIR 041/8, p. 659-660/1347 ; décès, AD 04, 2 E 105 135, p. 258/323.

Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863, p. 499, 500, 502.

DE LA CHESNAYE François Alexandre Aubert, Dictionnaire de la noblesse, vol. 12, p. 680-681.

PARIS Auguste Joseph, La Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord. Histoire de Joseph Le Bon et des guillotinés d'Arras et de Cambrai, 1869, p. 489.

VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 44, 51, 72, 226.

BARUBÉ Odile, « Historiographie provinciale et critique de l’Ancien Régime : le cas du baron Deslyons (1748-1823) », Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série, t. I [1990], p. 149-163.

BARUBÉ Odile, La vie culturelle à Arras à la veille de la Révolution, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série, t. I [1990], p. 149-163.

DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 17, 20, 34, 36, 37, 38.