Arras (paroisse Saint-Géry) 25.06.1753 – Arras 06.06.1827. Écuyer, ancien mousquetaire gris, grand bailli héréditaire de la gouvernance d’Arras, représentant de la noblesse aux États d’Artois.
Élu en 1783 pour succéder sur le 25e fauteuil au marquis de Harchies, il est reçu le 29 avril par le directeur de l’année, François-Guislain Boucquel de la Comté. Son fauteuil est attribué en 1817 au baron Curto.
Il est le fils de l’académicien Alexandre François Ignace de Brandt et de Jeanne Catherine Mathon. Baptisé par Jean Willin chanoine de la cathédrale d’Arras. Il a pour parrain Jean François Danchin, son « oncle à la mode de Bretagne». et pour marraine sa grand-mère maternelle, Marie Catherine Foucquier, veuve d’Antoine Mathon son « père-grand ».
Jeune mousquetaire âgé de 19 ans, il épouse en l’église Saint-Merry à Paris, le 20 août 1772, Marie Anne Barbin de Broye qui a le même âge que lui et qui est la fille du comte de Broyes et de Louise de Mascrany. Le couple s’installe à Arras où naissent deux filles, Marie Louise Françoise, le 7 juillet 1775, et Marie Claire Hortense, le 2 octobre 1776. Marie Anne Barbin décède à Arras, à l’âge de 25 ans, le 29 novembre 1778. Elle est inhumée le 1er décembre au cimetière de Saint-Nicaise.
Jean se remarie, le 1er mai 1781 en l’église Saint-Géry à Arras, avec Félicité Boucquel d’Hamelincourt (1762-1833), fille d’Eugène François Félix Boucquel d’Hamelincourt et de Marguerite Quarré. Le mariage est célébré par le chanoine Pierre Henri Boucquel de Lagnicourt, oncle paternel de la mariée. Elle a pour témoins, outre sa mère, son frère ainé, Jean Guislain Marie Boucquel de Beauval, et son oncle paternel, François Guislain Boucquel de La Comté, ancien capitaine au régiment de Navarre. Le marié a deux de ses frères comme témoins, François Joseph Marie César de Brandt de Maizières, ancien officier du régiment du Roi-infanterie, et Charles Ignace Marie De Brandt de Loos. Cinq enfants, naîtront de cette nouvelle union, entre 1783 et 1790, trois filles et deux garçons, Alexandre Marie Joseph (1784-1858) et Théodore Marie Joseph (1790-1849), qui hériteront respectivement du titre de comte et de vicomte de Galametz.
Jean Alexandre Marie de Brandt exerce la charge de grand bailli de la gouvernance d’Arras dont il a hérité de son père décédé en 1776. Il est également, comme lui, représentant de la noblesse aux États d’Artois. Seigneur d’Écoivres, il en fait reconstruire le château en 1785.
Les archives de l’Académie conservent plusieurs traces précises de son activité.
Dans son discours de réception il détaille « les avantages que procure l’étude de l’histoire », tandis que Boucquel qui le reçoit, traite « De l’infamie qui rejaillit sur les enfants des condamnés ». Deux ans plus tard, le 6 avril 1785, de Brandt, nommé chancelier, lit un discours intitulé « Des Récompenses », où « il établit que rien n’influe d’une manière plus sensible sur les mœurs et les talents que les récompenses honorables accordées à ceux qui se distinguent par l’une ou l’autre espèce de mérite ». À la fin de la même année, nommé directeur, il lit le 29 décembre 1785, le compliment qu’une délégation de l’Académie est allée porter à M de Briois, pour le féliciter de la prise de possession de la charge de premier président du Conseil d’Artois :
Monsieur,
Les corps et les citoyens de cette ville s’empressent de vous féliciter et ils le font avec d’autant plus de satisfaction que jamais on ne parvint à une dignité sous de plus heureux auspices. Placé à la tête d’un corps dont le respectable auteur de vos jours a fait les délices depuis plus de trente ans, vous jouissez de la douceur de le remplacer sans avoir eu l’amertume de le perdre. Les membres du Conseil d’Artois, en accordant leur confiance et leur amour à l’héritier de ses vertus, croiront n’avoir pas changé de chef et vous, Monsieur, vous profiterez du double avantage de n’avoir pas besoin de conseils et de trouver toujours dans le meilleur des pères un tendre ami prêt à vous en donner.
L’Académie, qui se fait gloire de compter parmi ses membres le plus respectable père d’un aimable fils, le vertueux fils d’un aimable père, a l’honneur de vous exprimer la part qu’elle prend à un événement qui cause, en ce jour, la félicité publique.
Il adresse ensuite à Madame la Première présidente le compliment suivant :
Madame,
Les corps littéraires, en offrant leurs hommages aux personnes de votre sexe, souvent ne font fumer leur encens que sur l’autel des grâces. L’Académie, plus heureuse aujourd’hui, en sacrifiant aux grâces, peut aussi faire brûler le sien sur l’autel des muses ; elle n’ignore pas, Madame, qu’aucune d’elles ne vous est étrangère et que, non contente de cultiver les talens dont sont douées ces augustes filles de mémoire, vous leur formez des élèves. C’est ainsi que, préparant les délassemens des pénibles travaux auxquels votre époux va se livrer, vous lui ferez trouver dans la douce société d’une épouse et dans les progrès de ses enfans formés par une mère attentive et instruite, la récompense des bienfaits dont il nous fera jouir.
Le 1er avril 1786, il fait présent à l’Académie d’un livre en 7 volumes in-4° intitulé L’Histoire de l’Église et de l’Empire par Le Sueur.
Le 22 avril 1786, il est chargé avec Dubois de Fosseux, d’aller inviter les députés de la noblesse à assister à la séance publique du 26 avril suivant au cours de laquelle il lit ses « Réflexions sur le Bonheur ». Ce jour là encore, en tant que directeur, il reçoit les nouveaux académiciens Le Gay et de Champmorin, ainsi qu’un nouvel académicien honoraire, le docteur Taranget, professeur à l’université de Douai.
Il participe une dernière fois aux séances de l’Académie à l’occasion d’une assemblée extraordinaire le 17 février 1789.
La Révolution bouleverse son univers. Il n’accepte pas le nouvel ordre établi. Il émigre avec sa famille en 1792. Ses biens sont saisis et vendus comme biens nationaux
Il rentre sous le Consulat, en 1802, et s’installe à Lille, où il marie les deux filles issues de son premier mariage. Marie Louise Françoise épouse le 6 février 1806 Marie Albert Eugène Régis de Tramecourt (1770-1845) ; Marie Claire Hortense épouse Marie Alexandre Joseph Léonard de Tramecourt (1772-1809) le 24 février 1808.
Il revient ensuite à Arras où il s’installe rue Saint-Denis. La loi « du milliard aux émigrés » promulguée en 1825 par Charles X lui permet de restaurer le château d’Écoivres qu’il avait fait bâtir en 1785.
Rétabli sur son fauteuil de l’Académie en 1817, il décline cet honneur. Il est alors nommé membre honoraire.
Il décède en sa maison de la rue Saint-Denis à Arras le 6 juin 1827, âgé de 74 ans. Ses deux fils, Alexandre Marie Joseph, comte de Brandt, et Théodore Marie Joseph, vicomte de Brandt, attestent de son décès.
Sources
État civil : naissance AD 62, 5 MIR 041/5, p. 524/1343 ; décès de sa première épouse, AD 62, 5 MIR 041/6, p. 834/1186 ; naissance de sa première fille Marie Louise Françoise, AD 62, 5 MIR 041/6, p. 315/1186 ; naissance de sa deuxième fille Marie Claire Hortense, AD 62, 5 MIR 041/6, p. 701/1186 ; second mariage avec Félicité Boucquel, AD 62, 5 MIR 041/6, p. 981/1186 ; mariage de sa fille Marie Louise Françoise à Lille en 1806, AD 59, 5 Mi 044 R 205, p. 68/964 ; mariage de sa fille Marie Claire Hortense à Lille en 1808, AD 59, 5 Mi 044 R 205, p. 524/964 ; décès, AD 62, 5 MIR 041/54, p. 284/1338.
AD 62, 1 Q 1 -408- Vente des biens nationaux : district d’Aras.
DUBOIS DE FOSSEUX, Journal de l’Academie, compte rendu des séances, Décembre 1785 - Mars 1792, Archives de l’Académie.
Père IGNACE, « Extraits des Recueils des Mercures et autres écris du temps pour servir à l’histoire de l’ancienne Société littéraire d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 1ère série, t. XXXV [1863, p. 516, 519, 521.
VAN DRIVAL Eugène, Histoire de l’Académie d’Arras, 1872, p. 57, 61, 66, 72-73, 92, 97, 227, 238.
HAUTECLOCQUE de Gustave, « Inventaire des archives de l’Académie d’Arras », Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XXVIII [1897], p.
DIERS Jean-Pierre, « Étude sociologique de l’académie d’Arras des origines à nos jours (1737-2006) », 2007, Mémoires de l’Académie d’Arras, 6e série [1991-2006], 2007, p. 18, 4., 42.