Édouard Sens
Édouard Sens

Arras 20.02.1826 – Arras 29.08.1905. Polytechnicien, ingénieur des mines du Pas-de-Calais et chef de la 3e division (travaux publics) de la Préfecture.

Élu en 1860 pour succéder au peintre Constant Dutilleux  sur le 11e fauteuil, il est reçu le 22 août 1861 par Antoine Laroche, vice-chancelier. Il est remplacé en 1906 par l’archiviste départemental Eugène Desprez.

Édouard Sens est le fils de Christian Joseph Sens, chef de bureau à la préfecture du Pas-de-Calais et d’Émilie Beugnet. Il étudie au collège d’Arras, puis au lycée de Douai, devient un brillant polytechnicien en 1846, et ingénieur des mines en 1850.

Il prend son premier poste à Mont-de-Marsan au début de l’année 1851, puis se marie à Paris le 20 septembre 1851 avec une jeune arrageoise sans famille, Laure Taler (1834-1866). Le couple aura quatre enfants, Marguerite (1852), Georges (1954), Zélie (1855), Émilie (1860).

Le 28 février 1852, nommé dans le Pas-de-Calais, il est directeur de la 3e division (travaux publics) de la Préfecture du Pas-de-Calais, et, en même temps, ingénieur des mines responsable du sous-arrondissement minéralogique d'Arras couvrant tout le département. À ce double titre, sa mission principale, peu après la découverte du bassin houiller du Pas-de-Calais, est d’accorder les concessions et de suivre les travaux de recherche de la houille. Sous sa direction, de 1852 à 1861, cinquante-neuf sociétés minières nouvelles y obtiennent des concessions et, après de très nombreux sondages, ouvrent vingt-six nouvelles fosses.

L’année 1860 est celle de son élection à l’Académie d’Arras, en reconnaissance du rôle éminent qu’il a joué jusque-là. Elle marque aussi un tournant dans sa carrière : il entre en politique. D’abord élu conseiller municipal d'Arras en août 1860, il devient aussi conseiller général du canton de Beaumetz-les-Loges le 16 juillet 186. Il il le restera sans discontinuer jusqu’en 1886.  

Cet engagement dans la vie politique locale l’amène à refuser une mutation à Châlons-sur-Saône le 11 octobre 1860, et à demander sa mise en congé du corps des mines le 1er mars 1861. Il exerce un temps encore une activité professionnelle comme ingénieur conseil au service de la Compagnie des usines à fer de Marquise, et, en 1862 il présente à l’Exposition universelle de Londres le résultat de ses nombreuses études sur le bassin houiller du Pas-de-Calais ; il y obtient une médaille d’or et la croix de l’ordre de Léopold décernée par l’État belge.

Sa carrière politique prend une autre dimension après le décès précoce de son épouse le 7 avril 1866. « Candidat officiel » de la majorité dynastique à l’élection partielle du 23 décembre 1866 dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais (Saint-Pol), il est élu au Corps Législatif, (IIIe législature, 22 décembre 1866-27 avril 1869) et réélu lors des élections générales du 23 mai 1869. Siégeant dans la majorité dynastique, il vote pour la guerre contre la Prusse. La défaite et l’effondrement du Second Empire mettent fin prématurément à son mandat le 4 septembre 1870. Battu aux élections à la Constituante en 1871, il est élu à la nouvelle Assemblée nationale (8 février 1874 - 7 mars 1876), puis à la Chambre des députés, (14 octobre 1877 - 22 février 1878). Demeuré fidèle à ses convictions bonapartistes, il siège désormais dans l’opposition. Battu en 1878, il est réélu à la Chambre des députés en 1885 où il siège dans le groupe de l’Union des Droites (4 octobre 1885 - 14 octobre 1889). Après sa défaite électorale de 1889, il se retire de la vie politique à l’âge de 63 ans.

Il a effectué trois longs voyages dans le Proche-Orient ottoman, en 1862, 1871 et 1892.

Très engagé dans la vie locale, il cumule les mandats sous le Second Empire : membre et secrétaire du Conseil départemental d’hygiène et de salubrité, membre de la Commission d’inspection du travail des enfants dans les manufactures, du Conseil départemental de l’instruction publique, de la Commission départementale des bâtiments civils, de la Commission administrative et du conseil de perfectionnement du collège d’Arras, membre fondateur et secrétaire actif de l’Association des anciens élèves du collège d’Arras, président de la Commission départementale des orages.

Il est resté membre de l’Académie d’Arras pendant quarante-cinq ans, mais n’y a pas joué un rôle actif. Il était aussi membre de la Société géologique et d’autres sociétés savantes.

Officier de l’Instruction publique.

Chevalier de l’Ordre de Léopold de Belgique, 12 août 1864.

Chevalier de la Légion d’honneur le 4 août 1867.

Commandeur ordinaire de l’Ordre de Charles III d’Espagne, 10 février 1870 ; commandeur extraordinaire le 12 décembre 1874 (en récompense de ses voyages d’études dans les Mines d’Espagne à Marbelle et Bilbao en 1865).

Commandeur de 3e classe de l’ordre du Soleil et Lion de Perse le 13 juillet 1870.

Publications dans les Mémoires de l’Académie d’Arras

Discours de réception le 22 août 1861, MAA, 1ère série, t. XXXIV (1862), p.71-80.

Autres publications

Les vrais comptes de l'Empire, réponse du "Courrier du Pas-de-Calais" à M. Deusy, 1878.

Rapport sur la situation de l'industrie minérale dans le département du Pas-de-Calais, 1859.

Sources

État civil : naissance de Laure Taler, son épouse, AD 62 5 MIR 041/36, p 1114/1335 ; décès de Laure Taler, AD 62, 5 MIR 041/58, p. 256/1166 ; mariage, AD 75 Mariages V3E/M 928, p 16/51 et AD 75 5 Mi1 2216 p. 7/45

« Sens Édouard », Archives de la Légion d’honneur, in Archives diocésaines d’Arras, 4Z 63/ et 2 X 2.

« Édouard, Joseph Sens », Assemblée nationale, Base de données des députés, assemblée nationale.fr

« Édouard Sens », dans ROBERT et COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français, tome cinquième. p. 301-302, 1891.

Michel Beirnaert