Aimé Pagnoul (Archives départementales du Pas-de-Calais T 778)
Aimé Pagnoul (Archives départementales du Pas-de-Calais T 778)

Estrée-Cauchy 19.05.1822 - Arras 28.09.1912. Régent de physique au collège d’Arras.  

Élu en 1864 pour succéder sur le 1er fauteuil à Emmanuel Davaine, il est reçu le 27 juillet 1865, par le chancelier Henri de Mallortie. Il est remplacé en 1914 par le général Raoul Bouchard.      

Il est le fils de Cécilien Joseph Pagnoul, chevalier de la Légion d’honneur, percepteur des contributions directes, et de Françoise Alexandrine Dejagher. 

Après des études au collège d’Arras, où il obtient un baccalauréat ès lettres en 1841 et un baccalauréat ès sciences mathématiques en juillet 1844il débute sa carrière scientifique en 1844 comme préparateur de physique et de chimie au collège de Douai, où il se noue d’amitié avec un autre débutant, M. de Mallortie. Licencié ès sciences physiques en 1848, Pagnoul est nommé à Tourcoing. 

Il se marie à Arras le 18 décembre 1848 avec Albérique Antoinette Topino (Arras 12.11.1822 - Arras 12.11.1874), fille du libraire et imprimeur Nicolas Charles Henri Topino.

Licencié es sciences, il est nommé régent au collège d’Arras en 1854. Il y enseigne la physique et la chimie jusqu’à sa retraite en 1882. Il retrouve son ami de Mallortie, arrivé à Arras avant lui, régent de rhétorique depuis 1849, et principal à partir de 1861. Leur estime réciproque est solide : Mallortie le parraine pour le faire entrer à l’Académie en 1864 et l’y recevoir en 1865, et, au décès de Mallortie, Pagnoul tient à lire au cimetière, au nom de l’Académie, l’éloge funèbre de son vieil ami.

Passionné par les applications de ses connaissances dans le domaine de l’agriculture, il devient un agronome reconnu, poursuivant pendant plus de vingt ans des travaux de chimie et de physiologie végétales relatifs aux céréales et aux plantes industrielles, au blé et à la betterave à sucre en particulier, et il publie entre 1875 et 1900 de nombreux rapports dans les Annales Agronomiques. Il crée en 1865 la station agricole météorologique d’Arras et la transforme rapidement en station agronomique. Il la dirige jusqu’en 1901. Il crée un laboratoire agricole en octobre 1868, qui deviendra le 22 décembre 1882 la station agronomique du Pas-de-Calais. Il la dirige jusqu’en août 1901, mais ne quitte définitivement son laboratoire qu’en février 1906. Il entre à la Société centrale d’agriculture du Pas-de-Calais et en devient le secrétaire en 1867, associé pendant un an à Raffeneau de Lile, industriel qui a été reçu à l’Académie d’Arras en même temps que lui l’année précédente. Pagnoul reste à ce poste jusqu’en 1879.

Il est aussi nommé inspecteur de la salubrité publique du département à la création de ce service le 28 août 1873 ; il est chargé à ce titre d’inspecter une fois par an les établissements industriels du département. Il conserve cette mission pendant plus de vingt-deux ans.

Il est encore, de 1868 à 1878, membre de la commission d’examen pour le brevet de capacité des instituteurs, où il siège en compagnie d’un autre académicien, le chanoine Robitaille. 

Membre de la commission du Musée (24 novembre 1860).

Membre correspondant de l’Académie des Sciences, section d’économie rurale, depuis le 22 janvier 1894.

Membre correspondant de la Société nationale d’agriculturede France (juin 1872).

Officier d’académie, 9 janvier 1858 ; officier de l’Instruction publique, décembre 1867.

Chevalier de la Légion d’honneur (décret du 9 juillet 1895 sur rapport du ministre de l’Agriculture) en qualité de directeur de la station agronomique du Pas-de-Calais.

Aimé Pagnoul, doyen de l’Académie d’Arras en 1912, a été académicien pendant plus de quarante-huit ans, présent à toutes les séances hebdomadaires jusqu’à un âge avancé. Malgré son apparence froide et sévère, il était bon et serviable. Les circonstances n’ont pas permis à l’Académie de faire sa biographie : le général Bouchard élu pour lui succéder, et à qui incombait cette mission, n’a pas été « reçu » comme prévu en 1914 du fait de la guerre, et Advielle qui succéde à Bouchard en 1920 fait partie de la « fournée » des nombreux académiciens élus pour boucher les vides laissés par la guerre et dispensés de discours de réception parce que trop nombreux.

Publications dans les Mémoires de l’Académie d’Arras

Observations relatives à l’appauvrissement des cours d’eau, MAA, 2e série, t. XXXVI (1905), p. 7-12.

Emploi et rôle du sucre comme matière alimentaire, MAA, 2e série, t. XXXIV (1903), p. 193-200.

Situation météorologique de la région d’Arras, MAA, 2e série, t. XXXIII (1902), p. 324-344.

Discours prononcé au nom de l’Académie aux funérailles de M. de Mallortie, MAA, 2e série, t. XXVI (1895), p. 71-76.

Discours de réception le 27 juillet 1865, MAA, 1ère série, t. XXXVIII (1866), p. 15-32.

Autres publications

Terres arables du Pas-de-Calais : méthodes d’analyse, résultats obtenus, recherches diverses, 1894.

Station agricole du Pas-de-Calais, compte rendu de ses travaux pour 1873-1877, Arras librairie agricole Topino, 1878.

Aimé Pagnoul a aussi publié de nombreux articles dans les Annales agronomiques de 1875 à 1900, parmi lesquels on avait remarqué, à l’époque : De la richesse des pulpes et jus de betteraves ; Expériences relatives à la bettrerave à sucre ; La composition de la betterave aux différentes époques de sa végétation ; Expériences relatives aux pertes et gains d’azote des terres nues et cultivées ; Expériences sur le blé et la betterave ; Emploi de l’azote nitrique et ammoniacal comme engrais ; La transpiration des plates ; Ce que doit être la richesse d’une bonne terre en acide phosphorique.

Sources

AD 62, T 778

Base Léonore LH//2035/8

Annuaires du Pas-de-Calais

État civil, naissance, AD 62, 5 MIR 314/2, p ; 351/1405 ; décès, AD 62, 3 E 041/543, p. 66/103. ; mariage : AD 62, 5 MIR 041/46, p. 382/1326.

Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XLIII (1913), p 164.

ACREMENT Georges, Allocution d’ouverture de la séance du 31 octobre 1912, Mémoires de l’Académie d’Arras, 2e série, t. XLIII (1913), p. 246-248.

« Aimé Pagnoul », dans L’année scientifique et industrielle, 56e année (1912), p. 350-351, 1913.

MALLORTIE Henri Marguerin de, Réponse au discours de réception d’Aimé Pagnoul, MAA, 1ère série, t. XXXVIII (1866), p.33-45).

Michel Beirnaert