Miribel (Ain) 27.02.1860 – Arras 11.06.1937. Ingénieur des Mines en retraite, ancien directeur des Mines de Carvin.

Élu le 15 juillet 1921 pour succéder à Ernest Plocq, démissionnaire, sur le 26e fauteuil. Il fait partie des quatorze académiciens élus en 1921 pour combler les vides de la Grande Guerre et qui n’ont pas été « reçus ». Il est remplacé en 1937 par le chanoine Jean Lestocquoy. 

Fils d’un limonadier de Miribel (Ain), il intègre l'École nationale des mines de Saint-Étienne et devient ingénieur en 1882. Il débute dans la Maurienne, passe ensuite dans une mine de houille du Centre et arrive à Nœux-les-Mines en 1885 comme ingénieur de fosse ; ses brillants résultats lui permettent de devenir ingénieur principal en 1887. En 1893, il passe aux mines d’Annezin où il est avec succès ingénieur-directeur des travaux de 1893 à 1898. On lui offre la direction des Mines de Carvin en 1898, une mine pauvre et mal classée. Sous son habile et active direction, cette compagnie se transforme et devient rapidement une bonne affaire.

Il ne renie pas ses origines modestes et exprime concrètement son souci d’améliorer les conditions et le cadre de vie des travailleurs dont il a la responsabilité. Il organise en 1899 la participation aux bénéfices pour les ouvriers de la concession des mines de Carvin, il préside la caisse de secours et la caisse des retraites des mineurs, ainsi que l’harmonie municipale. Il fonde la société de gymnastique l'Intrépide de Carvin. Il a eu aussi à gérer plusieurs accidents miniers dont la catastrophe de Courrières, ce qui lui valut de recevoir, en 1901, une lettre de félicitations du ministre des Travaux publics pour avoir dirigé pendant 26 heures consécutives des opérations de sauvetage, en 1902 une médaille d'argent du ministre de l'Intérieur pour acte de dévouement, et en 1906, la médaille d'or de la Compagnie des mines des Courrières pour avoir coopéré au sauvetage des victimes de la catastrophe du 10 mars 1906.

Après sa retraite, il est encore administrateur délégué au conseil des mines de Carvin, et en 1913, membre du conseil d’administration des Mines de la Clarence à Calonne-Ricouart.

Après la Grande Guerre il vient se fixer à Arras où il est administrateur de l'hôpital et des hospices de la ville, ainsi que président du conseil d’administration du Préventorium de Sainte-Catherine fondé par les Sœurs de Sainte-Agnès.

Élu à l’Académie en 1921, il participe activement à ses activités jusqu’à son décès : huit de ses communications scientifiques sont publiées de 1922 à 1932. Il accepte en 1828 la responsabilité de vice-chancelier et, au cours de l’été 1929, il achète la grande table de réunion et les « trente fauteuils » pour meubler les locaux que la municipalité vient d’accorder à l’Académie, dans l’abbaye Saint-Vaast enfin restaurée.

Délégué cantonal.

Officier d’Académie

Médaille d’argent de 2e classe du Ministère de l’Intérieur

Chevalier de la Légion d’honneur au titre du Ministère des Travaux publics le 14 janvier 1909, Officier le 30 octobre 1920.

 

Publications dans les Mémoires de l’Académie :

De quelques découvertes scientifiques récentes, MAA 3e série, t. 2-1922, p. 21-36.

Des ondes électriques et des ondes de la pensée : MAA 3e série, t. 4-1924, p. 47-60.

Des relations de la matière et des ondes électriques : MAA 3e série, t.5-1925, p.7-32.

Les quinze livres des Deipnosophistes ou Banquet des Sages : MAA 3e série, t.7-1927, p. 35-54.

Le médecin des pauvres : MAA 3e série, t.8-1928, p. 27-38.

Les houillères du Pas-de-Calais : MAA 3e série, t.9-1929, p. 7-20.

Réponse au discours de réception de M. Daniel Boutet, MAA 3e série, t.10-1931, p. 225-238.

L’ascension du professeur Picard dans la stratosphère : MAA 3e série, t.11-1931, p. 61-80.

Le Guignol lyonnais : MAA 3e série, t. 12-1932, p.145-159.

 

Sources

Éloge funèbre de M. Jardel, membre résidant, prononcé par le Dr Vaillant, président : MAA 3e série, t 14-1935-1937, p 143-144

L’Écho des Mines et de la Métallurgie : 11 février 1909, p. 160 ; 20 juin 1937, p. 263

Base Léonore : n° de Notice : c-313404

JO du 2 septembre 1900, p. 5969

 Michel Beirnaert