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Rouen (Seine-Maritime) 29.11.1889 - Valence (Drôme) 19.05.1973. Pasteur, secrétaire du conseil national de l’Église réformée de France, professeur de théologie à la faculté libre de théologie protestante de Paris.

Élu le 2 décembre 1938 pour succéder au docteur Alfred Lestocquoy sur le 24e fauteuil, il est reçu le 29 juin 1939 par le chanoine Édouard Fournier. Il devient membre honoraire quand il quitte Arras pour la faculté de théologie protestante de Paris. Il est remplacé le 4 juillet 1941 par le journaliste Maurice Sallon

Il est le fils d’un libraire de Rouen. Après ses études à la faculté de théologie de Paris, interrompues par le service militaire et la Grande Guerre, il est pasteur à Loriol (1920-1925), puis directeur adjoint de la Société centrale d’évangélisation (1926-1930), avant d’être nommé pasteur à Arras (1931-septembre 1939). Il prend alors une part active à la naissance de l’Église réformée de France, ce qui lui vaut d’être élu membre du conseil national de 1938 à 1944 et secrétaire jusqu’en 1941. Ayant soutenu en 1945 une thèse de doctorat en théologie, il est professeur de théologie pratique à la faculté protestante de Paris de 1945 à 1960. Ses travaux littéraires portent en particulier sur la sociologie du protestantisme français, ce qui le conduit à présider la commission de sociologie protestante à la Fédération protestante de France, de 1960 à 1965. Il laisse une bibliographie relativement conséquente, de laquelle émerge l’ouvrage publié à l’occasion de la célébration du IVe centenaire de la naissance de l’Église réformée de France, Visage du protestantisme français. La vie des Eglises du Concordat à nos jours (Tournon, Les Cahiers du Réveil, 1959), qui fournit un panorama sociologique et historique du protestantisme français. Il avait épousé en 1919 Emilie Marion (1894-1981).

Élu membre résidant de l’Académie peu avant son départ d’Arras, il n’a laissé dans les publications de la société que son discours de réception dans lequel, après avoir fait l’éloge de son prédécesseur, le docteur Alfred Lestocquoy, il développe ce qu’il nomme « une pédagogie évangélique » (M.A.A., 3e série, t. XV, 1938-1940, p. 126-140). On signalera en outre deux conférences liées à son séjour arrageois : « L’Évangile et la paix », un discours militant et pacifiste  prononcé au temple protestant d’Arras le 18 décembre 1932, après l’avoir été à Karlsruhe le 4 décembre précédent, dans le cadre de l’Alliance universelle pour l’Amitié internationale par le moyen des Églises (publié à Arras, impr. de l’Avenir, 1933, 15 p ; « Les origines du protestantisme à Arras et l’œuvre de Jean Crespin », conférence donnée à la Salle des Concerts le 16 novembre 1951 (A. D. P.-de-C., 75 J 13/9, texte manuscrit de la main de l’auteur).

 Sources

ENCREVE André (sous la dir. de), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, t. V, Les protestants, Paris, Beauchesne, 1993, p. 295-297, (liste sommaire des travaux et publications).

Patrick Wintrebert