Arras 01.07.1903 - Arras 05.03.1984. Historien et prélat de Sa Sainteté.

Reçu au 26e fauteuil en 1937 ; succède à Joseph Jardel.

Issu d’une famille bourgeoise arrageoise, il grandit dans la belle maison familiale de la rue des Promenades et acquiert très tôt le goût des belles lettres et des arts. Il entre au séminaire Saint-Sulpice de Paris, tout en suivant les cours de l’École du Louvre. Ordonné prêtre le 9 juillet 1927, il poursuit sa formation à Rome. Il est pensionnaire puis chapelain de l’église Saint-Louis des Français. Il s’inscrit aussi à l’Instituto Pontificio di archeologia cristana, fondé par Pie XI. Il en sort avec le titre de docteur. De retour à Arras en 1931, il enseigne l’histoire au collège Saint-Joseph, participe à la vie culturelle de sa cité et se consacre beaucoup à l’archéologie et à l’histoire de l’art sacré. Il organise, souvent avec le concours de Georges Besnier, alors archiviste du Pas-de-Calais, de remarquables expositions : « Notre-Dame des Ardents », « Art sacré », « Trésors d’Artois ». Il a d’ailleurs créé en novembre 1934 le musée diocésain puis en 1936 la Commission diocésaine d’art sacré. Le rôle qu’il a joué dans la découverte, l’étude et la protection des anges d’Humbert et de Saudemont mérite d’être souligné. Sa passion et son engagement au service de l’art et du patrimoine l’ont conduit à jouer un rôle éminent dans la Commission départementale des Monuments historiques qu’il présida de 1966 à 1980 ainsi que dans l’Académie d’Arras dont il assuma deux fois la présidence de 1949 à 1953 puis de 1961 à 1963. L’abbé Lestocquoy, devenu chanoine honoraire en 1955 puis prélat de Sa Sainteté en 1962, a consacré une partie notable de sa vie à l’histoire. Sa bibliographie s’avère immense ; elle est constituée d’ouvrages fort savants tels Les dynasties bourgeoises d’Arras ; Deux siècles de l’histoire de la tapisserie (1300-1500) mais aussi de brillantes synthèses telles Aux origines de la bourgeoisie. Les villes de Flandre et d’Italie sous le gouvernement des patriciens (XIe- XVe siècles) et de nombreux articles écrits pour un plus large public. Entré au Centre national de la recherche scientifique en 1950, il y travaille jusqu’en 1968. Appréciés par Lucien Febvre, ses travaux lui acquièrent une réputation internationale. Il dispense des cours d’histoire de l’art aux Facultés catholiques de Lille de 1953 à 1958. Membre correspondant de l’Académie royale d’archéologie de Belgique, président de la Fédération des sociétés savantes du Nord de la France depuis sa fondation en 1967, Monseigneur Lestocquoy était chevalier de la Légion d’honneur, officier du Mérite national, des Palmes académiques et des Arts et Lettres.

Publications :

On pourra se reporter à la bibliographie sélective de BELLART Ghislaine parue dans le Bulletin de la Commission départementale d’histoire et d’archéologie du Pas-de-Calais, t. XI, n° 4, 1985, p. 478-490.

BERGER Roger, « Nécrologie de Jean Lestocquoy (1903-1984) », Bulletin la Commission départementale d’histoire et d’archéologie du Pas-de-Calais, t. XI, n° 4, 1985, p. 475-478

Alain Nolibos