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Wancourt 12.06.1865 – Genève (Suisse) 31.12.1940. Chanoine titulaire, archiprêtre d’Arras, curé de la cathédrale.

Élu en 1914 pour succéder au chanoine Léon Duflot sur le 22e fauteuil. Il est remplacé le 31 mars 1939 par Charles Dehay.

Né dans une famille de cultivateurs aisés, maires de la commune de Wancourt de père en fils, il fait ses études secondaires à l’institution Saint-Joseph à Arras puis entre au grand séminaire. Ordonné prêtre le 20 avril 1889, licencié ès-lettres, il devient professeur (1890), puis préfet des études (1893) et enfin supérieur de l’institution Saint-Joseph (1903-1910). Il reçoit le titre honorifique de chanoine honoraire résidant au chœur à la rentrée de 1907. En juillet 1911 le nouvel évêque d’Arras, Émile Lobbedey, le nomme archiprêtre d’Arras, curé de la cathédrale et chanoine titulaire.

La Grande Guerre l’éprouve particulièrement. Son frère aîné Henri, maire de Wancourt, qui n’a pas fui devant l’invasion allemande, est froidement tué par les envahisseurs le jour même de leur entrée dans le village, le 1er octobre 1914, pendant que la propriété familiale est incendiée. Lui-même a la douleur de voir « son » institution Saint-Joseph touchée dès le 6 octobre 1914 par les premiers bombardements d’Arras et obligée de fermer ses portes. C’est ensuite « sa » cathédrale qui est incendiée. Avec la plupart de ses paroissiens il doit se résigner à quitter la ville assiégée et se replie à Berck-Plage. C’est là que nombre de ses concitoyens lui demandent de créer « un nouveau Saint-Joseph ». Il peut l’ouvrir en novembre 1915 dans les locaux de la pension sanitaire Notre-Dame des Sables et son pensionnat accueille de plus en plus d’élèves. Il le fait fonctionner jusqu’en juin 1919.

Il reprend ensuite sa charge d’archiprêtre d’Arras. Mais fatigué, sa santé vacille et il démissionne de ce poste dès 1920. Doyen du chapitre en juin 1922, il est élevé à la dignité de protonotaire apostolique en 1927. Très apprécié, il prêche de nombreuses retraites jusqu’en 1934. À partir de cette date, sa santé restant préoccupante, il renonce à toute charge et se retire à Saint-Omer, faisant des séjours de plus en plus longs en Suisse sur les bords du Léman, à Lausanne. Il est élu chanoine d’honneur de la cathédrale le 30 septembre 1937. Il décède le dernier jour de l’année 1940 à Genève où il était venu honorer un défunt.

Élu à l’Académie en 1914, peu avant le déclenchement de la guerre, il n'a pas pu être reçu. Par la suite, il se contente de faire acte de présence dans les grandes circonstances. Néanmoins, il figure jusqu’en 1939 dans la liste des membres résidents.

Publications

La famille Boisleux. Étude historique et généalogique, Arras, 1934

Sources

État civil : naissance :  AD 62, 5MIR 873/2, p 748/1156

Arch. dioc. Arras, 4 Z 183 ; Répertoire CLETON ; "Hommage funèbre" par Mgr Dutoit, Semaine Religieuse, 1941-3.

Michel Beirnaert