Westphalie 12.09.1797 - Paris 12.09.1854. Journaliste républicain arrageois.

Reçu en 1931 au 3e fauteuil.

Il naît en Westphalie où son père sert en qualité d’adjudant-major au deuxième régiment de ligne de l’armée de Hoche. À l’annonce du désastre de Leipzig en 1813, il quitte le collège de Béthune pour s’engager. Il reprend ses études après Waterloo et commence son droit à Paris en 1819. Exclu dès 1820 pour avoir participé à une manifestation d’étudiants libéraux, il adhère à la Charbonnerie et se trouve impliqué en 1823 dans une conspiration. Condamné à mort par contumace par la Cour d’assises de Saint-Omer, il s’exile à Londres où il commence une carrière de journaliste qu’il va poursuivre à Arras après son retour en 1828 et son acquittement. Cette même année, il fonde Le Propagateur, journal d’abord modéré qui exprime l’opposition des constitutionnels à la politique de Charles X et de Polignac. Le journal relaie largement dans le Pas-de-Calais les attaques de la presse nationale qui provoquent les « Trois glorieuses ». Degeorge, peut-être influencé par le jeune Louis Blanc, passe progressivement à l’opposition républicaine. Le Progrès remplace en 1835 Le Propagateur et mène souvent des campagnes anticléricales attendues par la majorité de son électorat. Degeorge, sans doute franc-maçon depuis 1818, joue avec son frère Jean, un rôle non négligeable dans la nouvelle loge l’Espérance fondée après la scission en 1835 de la loge arrageoise la Constance. Si le voltairianisme avait marqué les années qui suivirent la Révolution de 1830, F. Degeorge, comme certains de ses rédacteurs du Progrès, était sensible aux idées du catholicisme libéral de Lamennais. Acteur de la Révolution de 1848 à Arras, il est nommé commissaire général du gouvernement et obtient de rapides ralliements par sa tolérance et sa volonté d’établir une République fraternelle et modérée. La plantation à Arras d’un arbre de la Liberté sur la Petite-Place se fait avec la bénédiction de Mgr de La Tour d’Auvergne. Les élections à la Constituante du 26 avril 1848 raniment le débat politique. Degeorge, qui est élu député, refuse la préfecture du Pas-de-Calais qu’il fait attribuer à son ami et collaborateur, Degouve-Denuncques. L’insurrection parisienne de juin 1848 effraye la province. Les élections municipales (juillet 1848), présidentielles (décembre 1848), législatives (mai 1849) voient la défaite des candidats soutenus par Le Progrès. Degeorge lui-même est battu par les candidats du parti de l’Ordre. Sa protestation contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851 amène la suspension provisoire du Progrès. Battu à nouveau aux législatives de mars 1852, Degeorge disparaît définitivement de la scène politique et meurt le 22 juillet 1854 dans une maison de santé parisienne.

Son ami Luez rédige, pour l’Académie d’Arras, sa notice nécrologique en 1855 mais celle-ci ne paraîtra que onze ans plus tard en 1866 ! La municipalité donne son nom en 1897 à une large rue d’un élégant quartier. Son buste, récemment restauré, est bien visible dans le cimetière d’Arras.

Sources :

LUEZ Antoine-Philippe, « Notice nécrologique sur Frédéric Degeorge », M.A.A., 1866.

FORTIN André, Frédéric Degeorge, Lille, 1964, 229 p.

Alain NOLIBOS, « La presse arrageoise et le développement des cultures politiques dans le Pas-de-Calais au cours de la première moitié du XIXe siècle : le rôle de Frédéric Degeorge (1797-1854) », M.A.A., 6e série, III, 2000, p.65-77.

HILAIRE Yves-Marie, op. cit. , t.1, p.138-140.

Alain Nolibos