Douai (Nord) 05.10.1807 – Paris 21.10.1865. Peintre et lithographe.

Élu en 1854 pour succéder au recteur d'académie Pierre Fayet sur le 11e fauteuil ; reçu le 24 mai 1854. Nommé membre honoraire en 1860 et remplacé par l’ingénieur Édouard Sens.

Orphelin à l’âge de quatre ans, il est élevé par son parrain, Henri Dutilleux, notaire à Douai. Après de brillantes études au collège de la ville, il envisage de reprendre l’étude de ce dernier, mais y renonce et se rend à Paris. Employé chez un imprimeur, il ambitionne de devenir peintre. Le choc qu’il éprouve en découvrant la peinture au musée du Luxembourg le renforce dans son projet. En 1826, il entre dans l’atelier d’Hersent. Parallèlement il fréquente l’académie Suisse, se rend au Louvre, où il copie les maîtres hollandais et flamands, et voue une admiration à Delacroix dont il deviendra un des proches en 1839. Etabli à Arras en 1830 comme professeur de dessin, il se marie avec Virginie Julie Hallez et ouvre en 1833 une imprimerie lithographique. Jusqu’au milieu du siècle, sa production est constituée principalement de tableaux religieux et de portraits qui font sa réputation. 1850 est une date charnière. Grâce une aisance relative, il peut désormais se consacrer à la peinture. Par ailleurs, la découverte de l’œuvre de Corot au Salon de 1847 décide de sa vocation de paysagiste. Il voyage, se rend presque chaque année en forêt de Fontainebleau accompagné d’élèves et se lie avec les peintres de l’école de Barbizon. Il reçoit régulièrement la visite du maître de Ville d’Avray avec lequel il noue une profonde amitié. On assiste alors sous la houlette de ces deux maîtres à l’éclosion d’une génération de paysagistes de talent, au nombre desquels figurent Charles Desavary, Xavier Dourlens, Désiré Dubois et Jules Thépaut, qui vont constituer l’école d’Arras. En 1860, Dutilleux s’installe à Paris pour se mêler plus directement à la vie artistique et se rapprocher de Corot et Delacroix. Son existence est dès lors jalonnée de pérégrinations à travers la France et à l’étranger, sans oublier Arras où il revient pour peindre des portraits. Son talent est enfin récompensé par une mention honorable au Salon de 1861.

Premier artiste à entrer à l’Académie, Constant Dutilleux n’a laissé dans les volumes de Mémoires que son discours de réception. C’est toutefois un texte très précieux car c’est la seule fois où le peintre s’exprime publiquement et longuement sur sa conception de l’art. Il définit avec beaucoup de finesse la part respective de la sensibilité et de la science dans la création artistique, donnant la primauté à la première.

Publication dans les Mémoires de l'Académie d'Arras

« Discours de réception », MAA, 1ère série, t. XXVIII (1855), p. 5-23.

Sources :

On consultera en particulier :

HORBEZ Dominique, Corot et les peintres de l'École d'Arras, Tournai, La Renaissance du Livre, 2004,

RICHEBE Claude, Constant Dutilleux 1807-1865, Paris, Somogy, 2003.

BOTTE Marie-Paule, ZEDER Olivier, Constant Dutilleux 1807-1865. Peinture-dessins, catalogue d’exposition, musées d’Arras et de Douai, Douai, Imprimerie commerciale, 1992.

OURSEL Hervé, Musée d’Arras. Constant Dutilleux (1807-1865), catalogue d’exposition, Arras, Imprimerie centrale de l’Artois,1965.

LEFRANC Fernand, « Notes sur un peintre douaisien », Mémoires de la société d’agriculture, sciences et arts, centrale du département du Nord, t. 3 (1889-1890), p. 111-197.

LE GENTIL Constant, L’atelier de C. Dutilleux. Son enseignement et ses principaux élèves, Arras, Rohard-Courtin, 1887.

LE GENTIL Constant, Notice sur Constant Dutilleux, Arras, A. Courtin, 1866.

COLIN Gustave, Constant Dutilleux, sa vie, ses œuvres, Arras, A. Brissy, 1866.

Patrick Wintrebert