Arras 25.12.1852 – Arras 17.01.1912. Chanoine, professeur d’exégèse biblique à la Faculté de théologie de Lille, aumônier de l’Institut des sourds, muets et aveugles d’Arras.

Élu en 1887 pour succéder au chanoine Eugène Van Drival sur le 13e fauteuil, il est reçu le 17 mai 1888 par l’abbé Augustin Deramecourt.  Il est remplacé en 1911 par le chanoine Joseph Depotter.

Fils d’un marchand de charbon de la rue de Jérusalem à Arras, il est d’abord élève du petit séminaire, puis envoyé poursuivre sa formation au séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Il s’y passionne pour les nouvelles sciences de l’égyptologie et de l’assyriologie sous la direction de son professeur d’exégèse, le bibliste Fulcran Vigouroux et de François Lenormant dont il suit à la Bibliothèque nationale les cours de sciences orientales. Ordonné prêtre à Saint-Sulpice le 23 décembre 1876, il rentre ensuite à Arras.

Il mène alors un trois vies parallèles avec une égale générosité de cœur et d’esprit.

Nommé vicaire de la paroisse Saint-Géry à Arras, il succède en 1888 au chanoine Charles Ternynck comme aumônier de l’Institution des sourds-muets et jeunes aveugles d’Arras. Il y a laissé le souvenir d’un profond et constant dévouement, « oreille des sourds et voix des muets ».

Distingué par son aptitude aux langues orientales, il est chargé du cours d’hébreu aux Facultés catholiques de Lille dès 1882, et y poursuit en même temps ses études supérieures. Il obtient la licence de théologie en 1887, et, après un séjour de 4 mois en Égypte, soutient le 22 juillet 1893 une thèse remarquée de doctorat en exégèse biblique : De oniribus biblicis contra gentes. [Étude des malédictions bibliques contre les païens. Malédictions contre les Égyptiens, les Babyloniens, les habitants de Ninive, les Phéniciens, les habitants de Tyr]. À une époque où la traduction récente des textes antiques égyptiens et assyriens était utilisée pour combattre la religion, il relève le défi au point d’en faire l’œuvre de sa carrière intellectuelle. Il s’appuie sur les plus récentes traductions des textes hiéroglyphiques et cunéiformes, pour démontrer que les récits « païens » anciens prouvent la réalisation des malédictions et anathèmes proférées par les prophètes de la Bible, réfutant ainsi les rationalistes qui s’en gaussaient. Il devient alors professeur suppléant de la chaire d’exégèse et d’institution biblique, puis professeur titulaire en 1896. Il enseigne à la Faculté de théologie de Lille pendant trente-trois ans, jusqu’à sa mort. En 1909, il représente l’Université catholique de Lille au congrès d’archéologie du Caire.

Reçu le 17 mai 1888 à l’Académie d’Arras, au siège du chanoine Van Drival, il y est élu vice-chancelier en 1896 et il en est deux fois président (1898-1901 et 1906-1910). À ce titre, il a prononcé une dizaine de discours d’ouverture, accueilli nombre de nouveaux membres et prononcé plusieurs éloges funèbres. Les Mémoires de l’Académie ont publié plusieurs de ses études.

Il est admis également en 1888 à la Commission des monuments historiques du Pas de Calais dont il devient le secrétaire puis le président en 1908. Il a laissé dans ces deux sociétés savantes le souvenir d’un « travailleur infatigable, n’arrivant jamais les mains vides aux séances, et qui avait le talent de bien penser et de bien dire ».

En 1911, il revient malade d’un nouveau voyage au Caire où il représentait la France à un congrès international pour l’amélioration du sort des sourds-muets et aveugles. Il décède peu de temps après

Il était, par ailleurs, membre du conseil de la Confrérie de Notre-Dame des Ardents, président fondateur de l’Association des anciens élèves du petit séminaire d’Arras, membre désigné des Commissions de sélection des aspirants et des aspirantes aux brevets de l’Enseignement primaire public.

À tous ces titres, il a été honoré par l’Église et par l’État : chanoine titulaire d’Arras en 1896, Chevalier du Saint Sépulcre en 1897 pour son zèle en faveur des œuvres orientales, Croix Pro ecclesia et pontifice en 1900, chanoine honoraire de Verdun en 1910, Officier d’Académie en 1907, puis Officier de l’Instruction publique en 1911.

Publications dans les Mémoires de l’Académie d’Arras

Réponse au discours de réception de M. Leprince-Ringuet le 26 octobre 1911, MAA, 2e série, t. XLII, p. 442

Réponse au discours de réception de M. Lennel le 27 octobre 1910, MAA, 2e série, t. XLI (1910), p.319-328.

Discours prononcé sur la tombe de Mgr. Doublet le 1er mars 1910, MAA, 2e série, t. XLI (1910), p. 7-11.

Réponse au discours de réception de M. Jules Sion le 28 octobre 1909, MAA, 2e série, t. XL (1909), p. 380-390.

Allocution d’ouverture de la séance publique du 28 octobre 1909, MAA, 2e série, t. XL (1909), p.377-379.

Discours prononcé le 13 novembre 1909 sur la tombe de M. le baron Louis Cavrois de Saternault MAA, 2e série, t. XL (1909), p.215-219.

Adieu à M. Paul Laroche, MAA, 2e série, t. XL (1909), p. 173-176.

Réponse au discours de réception de M. Edmond Morel 22 octobre 1908, MAA, 2e série, t. XXXIX (1908), p. 354-361.

Discours prononcé le 6 septembre 1908 à l’inauguration du buste de Victor Jacquemont à Hesdin, , MAA, 2e série, t. XXXIX (1908), p.301-308.

Adieu à M. Victor Barbier, MAA, 2e série, t. XXXIX (1908), p. 20-26.

Allocution d’ouverture de la séance publique du 11 juillet 1907, MAA, 2e série, t. XXXVIII (1907), p. 397-402.

Réponse au discours de réception de M. le commandant Henri Bedel le 22 novembre 1906, MAA, 2e série, t. XXXVIII (1907), p. 22-33.

Allocution d’ouverture de la séance du 22 novembre 1906, MAA, 2e série, t. XXXVIII (1907), p. 7-10.

Réponse au discours de réception de M. Georges Sens le 12 juillet 1906, MAA, 2e série, t. XXXVII (1906), p. 516-524.

Allocution d’ouverture de la séance publique du 12 juillet 1906, MAA, 2e série, t. XXXVII (1906), p.489-493.

Allocution prononcée sur la tombe de M. Léonce Alayrac MAA, 2e série, t. XXXVII (1906), p. 483-488.

Rapport sur le prix Bracquehay (1903), MAA, 2e série, t. XXXIV (1903), p. 427-434.

Fête jubilaire de M. l’abbé Rohart à l’Académie d’Arras le 20 décembre 1901, MAA, 2e série, t. XXXIII (1902), p. 392-398.

Réponse au discours de réception de Chavanon, le 25 juillet 1901, MAA, 2e série, t. XXXII (1901), p. 283- 293.

Allocution d’ouverture de la séance publique du 25 juillet 1901, MAA, 2e série, t. XXXII (1901), p. 241-243.

Réponse au discours de réception de M. Jules Viseur le 27 mai 1901, MAA, 2e série, t. XXXII (1901), p. 28-40.

Allocution d’ouverture de la séance publique du 27 mai 1901, MAA, 2e série, t. XXXII (1901), p. 7-9.

Discours prononcé le 30 décembre 1899 sur la tombe de M. Adolphe de Cardevacque deMAA, 2e série, t. XXXI (1900), p. 211-216.

Réponse au discours de réception de M. Achille Brochart le 27 juillet 1900, MAA, 2e série, t. XXXI (1900), p. 47-57.

Allocution d’ouverture de la séance publique du 26 juillet 1900, MAA, 2e série, t. XXXI (1900), p. 7-9.

Allocution d’ouverture de la séance publique du 27 juillet 1899, MAA, 2e série, t. XXX (1899), p. 193-194.

Réponse au discours de réception de M. le colonel Paul Delair le 1er juin 1899, MAA, 2e série, t. XXX (1899), p. 177-192.

Allocution d’ouverture de la séance publique du 1er juin 1899, MAA, 2e série, t. XXX (1899), p. 113-116.

Discours prononcé sur la tombe de M. le docteur Émile Trannoy MAA, 2e série, t. XXX (1899), p. 106-112.

Discours prononcé sur la tombe de M. Louis Blondel MAA, 2e série, t. XXX (1899), p. 101-105.

Réponse au discours de réception de M. Georges Boulangé le 28 juillet 1898, MAA, 2e série, t. XXIX (1898), p. 404-413.

Allocution d’ouverture de la séance publique du 28 juillet 1898, , MAA, 2e série, t. XXIX (1898), p. 351-354.

Paroles prononcées lors de la remise de l’anneau pastoral offert par l’Académie à son président, Mgr Deramecourt, le 27 juin 1898, MAA, 2e série, t. XXIX (1898), p. 340-342.

Paroles adressées à Mgr Deramecourt, à l’occasion de sa nomination à l’évêché de Soissons, le 25 mars 1898, MAA, 2e série, t. XXIX (1898), p. 336-338.

Réponse au discours de réception de M. l’abbé Duflot le 30 juillet 1896, MAA, 2e série, t. XXVII (1896), p. 123-132.

Discours prononcé à Montreuil le 25 juin 1836 sur la tombe de M. Auguste Bracquehay, MAA, 2e série, t. XXVII (1896), p. 65-70.

Réponse au discours de réception de M. François Blondel le 28 mai 1896, MAA, 2e série, t. XXVII (1896), p. 51-62.

Rapport sur le concours de sciences de 1895, MAA, 2e série, t. XXVI (1895), p.283-286 ; … et de 1894, p. 32-39.

Voyage au pays des momies, MAA, 2e série, t. XXV (1894), p. 95-108.

Rapport sur le concours de poésie le 22 décembre 1892, MAA, 2e série, t. XXIV (1893), p. 16-27.

L’Égypte au temps de Joseph, MAA, 2e série, t. XXIII (1892), p. 257-272.

Discours de réception le 17 mai 1888, MAA, 2e série, t. XIX (1888), p.304-320.

Autres publications

Souvenir, 23 décembre 1876-19 décembre 1901 (25 ans de vie sacerdotale), Arras, 1902.

Le catholicisme et l’expansion française en Orient, Revue des sciences ecclésiastiques, Lille, 1900.

Rapport sur les sœurs hospitalières en Orient, cornettes et turbans, discours prononcé, le 20 novembre 1895 à l’Assemblée générale des catholiques du Nord et du Pas de Calais, Lille, 1895.

De Oniribus Biblicis contra Gentes, Lille, Taffin-Lefort, 1893.

L'Égypte au temps de Joseph, Arras, 1892.

Sources 

Arch. dioc. Arras, 4 Z 218 ; "Funérailles de Mr le chanoine Rohart", Semaine Religieuse 1912-4.

SALEMBIER, Rapport sur la thèse de M l’abbé Rohart, Bulletin de l’œuvre des Facultés Catholiques de Lille, Tome XIV, quinzième année, septembre 1893.

DERAMECOURT Augustin, Réponse au discours de réception de M. l’abbé Rohart, MAA 1888, 2e série, t 19, 1888.

ACREMANT Georges, Discours funèbre prononcé le 20 janvier 1912 aux funérailles de M le chanoine Rohart, MAA, 2e série, t 43, 1912. Monsieur le chanoine Charles Rohart, Les facultés catholiques de Lille, 1912.

CASIER Francine, notice "Rohart", Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, Arras-Artois-Côte d’Opale, Paris 2013.

Michel Beirnaert