Henri Brassart

 Mont-Bernanchon 16.06.1875 - Arras 27.04.1944. Médecin de la maternité et des crèches d’Arras, médecin légiste, conseiller général du canton d’Arras-Nord depuis 1928.

Élu le 27 juin 1930 pour succéder au docteur Auguste Béhague sur le 16e fauteuil, il est reçu le 10 décembre 1931 par le docteur Alfred Lestocquoy, président. Il est remplacé en le 11 août 1944 par le docteur Jacques Woillez.  

Fils de cultivateurs, il est élève au collège de Saint-Pol-sur-Ternoise avant de faire ses études de médecine à Lille où il est interne des hôpitaux en 1899, préparateur au laboratoire d’Hygiène et de Thérapeutique de la Faculté en 1900, lauréat  de deux prix en 1901 et 1902, et où il soutient brillamment sa thèse sur Les méningites d’origine gastro-intestinales en 1902.  Il s’installe à Arras en 1903.

 On peut distinguer trois temps dans sa riche et généreuse carrière de médecin.

 Jusqu’à la première guerre mondiale, il est un jeune et brillant médecin qui accède rapidement à des postes de responsabilité où il se dépense sans compter. En 1906, il devient, par concours,  médecin-chef et professeur d’accouchements à la maternité. Il crée des consultations de nourrissons.

 Pendant la Grande Guerre, bien que réserviste de l’armée territoriale, il est d’abord mobilisé sur le front : médecin aide-major à l’ambulance 4 du 1er corps d’armée qu’il accompagne dans tous ses combats jusqu’en janvier 1916, puis médecin-chef au 292e régiment d’infanterie engagé dans la bataille de Verdun, de mars 1916 jusqu’à sa dissolution  le 22 mai 1916. Après quoi il est affecté dans des hôpitaux militaires de l’arrière : à l’hôpital temporaire 35 à Paris-Plage jusqu’en janvier 1918, puis à l’hôpital militaire de Calais d’où il est évacué pour maladie en septembre 1918. Après sa convalescence, il est muté à Arras le 17 janvier 1919, comme médecin-chef de la Place d’Arras et de l’ambulance 214. C’est le tournant de sa carrière. Il est responsable sanitaire des réfugiés d’Arras qui rentrent de plus en plus nombreux dans une ville dévastée, des camps de prisonniers de guerre et des camps des travailleurs chinois employés dans le Pas-de-Calais.

Rendu à la vie civile le 31 octobre 1919, il conserve pendant deux ans, à la demande de l’administration, et à titre bénévole, les mêmes responsabilités, mais élargies : médecin-inspecteur des services d’hygiène pour la reconstruction des régions dévastées du Pas de Calais, médecin inspecteur des camps de travailleurs polonais du Pas-de-Calais. Il s’occupe spécialement du camp de triage d’Arras où se trouvaient près de deux mille Polonais tout récemment arrivés en France. Dans toutes ces tâches, il se révèle un « … modèle de dévouement inlassable, payant constamment de sa personne, auxiliaire le plus précieux pour l’Administration dont il est le conseil dans toutes les questions qui touchent à l’hygiène, faisant preuve d’une conception élevée du devoir... ». C’est à ce titre (Ministère des régions libérées) qu’il est décoré de la Légion d’honneur, en septembre 1920.

Il est devenu un homme public, et c’est le troisième temps de sa carrière.

Tout en se consacrant à sa très nombreuse clientèle avec un dévouement inlassable, il accepte à titre bénévole les missions les plus diverses, il s’en acquitte avec une compétence remarquable : membre du Conseil d’hygiène départemental, médecin du collège de jeunes filles et de l’École normale de garçons, membre de la Commission administrative des Hospices, médecin légiste assermenté, président du syndicat des médecins de l’arrondissement d’Arras… Cette fois, c’est le Ministère de la Santé qui le promeut Officier de la Légion d’honneur le 27 juillet 1930. Il s’engage politiquement. Il est élu conseiller municipal d’Arras en décembre 1919, sur la large liste d’Union des intérêts d’Arras, pour le compte de la gauche radicale, et réélu en 1925 sur la liste de l’Union Républicaine et Radicale. Au terme de ces deux mandats municipaux, il est élu conseiller général du canton d’Arras-Nord en 1928, en remplacement d’Amédée Doutremépuich, sous l’étiquette Candidat de l’Union républicaine nationale et se qualifie dans sa profession de foi de « Républicain de gauche ».

Entré à l’Académie d’Arras en 1930, le docteur Henri Brassart n’a guère le temps de s’y investir. Les Mémoires de l’Académie n’ont publié de lui que son discours de Réception. Comme le veut la tradition, le docteur Brassart y rappelle le parcours professionnel de son prédécesseur, le docteur Béhague, et souligne ses qualités humaines. La deuxième partie de son discours est consacrée à ce qu’il connaît bien : la reconstruction d’Arras et de toute la région, détruites complètement par la guerre ; il décrit la façon dont citadins et ruraux ont été "les merveilleux artisans de (leur) résurrection".

Pendant la deuxième guerre mondiale, le 30 juin 1943, il est nommé Conseiller départemental.

Il trouve tragiquement la mort, le 27 avril 1944, en portant secours aux blessés lors d’un bombardement de la gare d’Arras.

Officier d’académie le 8 octobre 1904 ; officier de l’Instruction publique le 8 janvier 1912.

Chevalier de la Légion d’honneur le 19 septembre 1920 au titre du Ministère des régions libérées ; officier le 27 juillet 1930, au titre du Ministère de la santé .

Sources

PACHEKA Yvan , « Henri Brassart », Wikipasdecalais.fr.

PARIS Georges, Un demi-siècle de vie arrageoise, 1971, Rééd. 2000 , p. 79.

Société d'entraide de la Légion d'honneur, comté local d'Arras-Saint-Pol-sur-Ternoise, In Memoriam, Arras, 1948 [disponible à la médiathèque d'Arras, fonds local, cote B 11710].

VAILLANT, « Éloge du docteur Brassart à l'Académie d'Arras », Courrier du Pas-de-Calais, 29 avril 1944.

LESTOCQUOY Alfred, « Réponse au discours de réception du docteur Henri Brassart », Mémoires de l’Académie d’Arras, 3e série, t. XI (1931), p. 137-151.